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Chapitre 1

Le soir venait de tomber sur une des nombreuses forêts que l’on pouvait trouver en Angleterre. Et c’est par une froide soirée d’hiver que deux hommes arpentaient les chemins rendus impraticables par la neige. 


- Un Vampire.. un vampire Wilson ! Tu t’entends parler ?


L’homme qui venait de s’exclamer avec une pointe d’agacement mais surtout de désespoir était William Keyold, un américain expatrié après plusieurs années dans l’armée américaine. Il a décidé après une mission en Irak de ne plus continuer, ses valeurs ne coïncidant plus avec celles que défendaient l’armée des Etats-Unis d’Amérique. Et c’est en arrivant en Angleterre qu’il a pu obtenir une magnifique maison en banlieue de Londres, tandis qu’il devait refaire toute sa vie. 


Son premier emploi fut d’ailleurs le seul qu’il fit. Il a été recruté comme garde du corps et protecteur personnel d’un Lord obscur, un certain Oliver Wilson. Il se donnait lui même le nom de Lord mais il n’était pas totalement anglais, avec un père Anglais et une mère Française, il a juste préféré la vie Londonienne et son luxe plus classique à l’avalanche de modernité désagréable et fade qu’offrait la haute société de Paris. 


- Bien sûr que je m’entends parler Will ! Je te dis qu’il est dans le coin, et une fois que tu vas tomber dessus, j’espère que tu ne feras pas dans ton froc comme un gosse qui vient à peine d’entrer dans le camp militaire et à qui on demande de protéger ses camarades en se jetant sur une fausse grenade ouverte !


En parlant d’Oliver Wilson, le voilà. Un bon mètre quatre vingt dix, un visage pâle, des yeux bleus et un sourire en coin qui vous donne envie de lui arracher les dents une à une avec un marteau piqueur. Il portait sur lui une sorte de trench noir qui lui tombait au dessous des genoux alors que dans ses mains se tenait une arbalète.


- Si on trouve un vampire dans cette forêt, je démissionne, j’ai pas été engagé pour ça.


- Et t’as pas été engagé pour chouiner comme un gamin non plus, alors boucles la et mets plutôt de la lumière par là.


Si les premières semaines en tant que garde du corps d’Oliver Wilson avaient été plutôt confortable, sans vraiment de sorties ni même de danger apparent, la vie plutôt mystérieuse du Lord s’est avérée remplie de mythes, de fantasmes, de rêveries ou même de folies en tout genre. Il était persuadé que des monstres vagabondaient dans notre monde et que la majorité des faits divers que l’on pouvait lire dans les journaux le matin était dû à eux. Niveau folie on était déjà à un stade assez avancé et William ne le croyait pas, mais puisqu’il était payé pour assurer la sécurité d’un mec qui n’avait visiblement pas grand-chose à faire de ses journées, autant rester. 


La lumière fut alors relevée comme demandé par Mister Wilson et sans grande surprise, l’endroit visé était vide de toute présence outre les arbres qui peuplaient l’endroit. Un soupir qui trahissait à moitié une sorte de soulagement de la part de l’ancien militaire alors qu’il tournait sa tête vers Oliver. 


- Vous voyez, il n’y a rien, vous faites fausse route, encore, c’est comme pour la sirène de la semaine dernière. Déjà à quel moment pensez vous trouver une sirène dans un bar ? Selon les mythes on les trouve dans les lacs ou dans l’océan, pas en train de boire une Guinness sur une chaise au comptoir.


A peine la phrase fut terminée qu’une sorte de grognement se fit entendre puis un craquement.. bien significatif d’un corps maintenant sans vie. Will eut le réflexe de se décaler immédiatement sur le côté en direction de son patron alors qu’une masse noire venait d’être jetée sur eux. 


- Attention !


William avait laissé tomber la lampe sur le côté alors qu’il se jetait sur son patron pour le protéger, cependant le patron en question ne semblait pas avoir la même envie d’esquiver ce qui arrivait sur lui, parce qu’il venait de lever subitement l’arbalète qu’il avait entre les mains avant de tirer dedans avec rapidité, en oubliant le côté précis que ce genre d’arme demandait avant de tomber au sol lourdement, un corps sans vie sur lui aussi. 


Le militaire se redressa rapidement avant d’aller aider son patron à bouger lamasse qui était sur lui, transpercée d’un carreau d’arbalète, avant de récupérer sa lampe et de la braquer sur la masse qui était un homme dans la force de l’âge.. plus pâle que la mort et.. avec deux traces dans le cou, des marques qui ne laissent personne indifférent surtout quand on connaît un peu les mythes. Oliver lui de son côté s’était redressé en pestant qu’il avait sali ses vêtements avant de jeter un regard au corps sans vie et de venir récupérer son carreau en tirant d’un coup sec dans le corps déjà presque totalement vidé de son sang. 


- Le bon côté des choses avec les vampires, c’est qu’au moins les victimes ne nous tâchent pas.


- Comment osez vous parler comme ça d’un mort ! Il a encore le corps chaud !s’énerva alors le militaire.


- Bien sûr que non son corps n’est plus chaud, il est mort depuis un moment, regardez sa tête, et surtout, les marques dans son cou ! Dites moi maintenant qu’on court pas après un vampire ?


Aucune réponse à son patron. Will ne voulait pas admettre qu’il pouvait avoir raison, ou même un début de vérité quelque part, ce n’était pas possible, ça n’existait pas. Ainsi, au lieu de répondre, il préféra changer la cible de sa lampe torche vers l’endroit d’où avait été envoyé cet homme. 


- pour réussir à envoyer un homme de cette taille sur nous, il faut plus qu’une sacré force..


- C’est bien pour ça que je te dis que nous courrons après un vampire ! Fit alors le Wilson en levant les yeux au ciel.


- Eh bien, si c’est vraiment un vampire allons y ! qu’est ce que nous attendons pour le suivre et prouver que vous avez raison ?


- ça.


Oliver leva alors le doigt, et au loin on pouvait voir la lumière du jour commencer à poindre le bout de son nez. Voilà quelque chose qui pouvait les arrêter. Un vampire ne vivait qu’à la lueur de la nuit, le soleil était certainement une de ses faiblesses principales si on en croyait les mythes écrits. Le Lord, ayant récupéré son carreau d’arbalète et l’arme en elle même marcha alors jusqu’à son garde du corps. 


- Rentrons, il n’y a plus rien à voir ici de toute manière.


- Et pour lui ? Demanda William en pointant d’un geste de la tête le cadavre au sol.


- La Police se chargera bien de lui tout seul quand ils le retrouveront et il ne porte pas notre ADN, donc il n’est pas notre problème, il ne sera qu’un paragraphe de plus aux faits divers des journaux à venir.


Et sur ces mots, le Lord quitta les lieux, marchant d’un pas déterminé jusqu’à la voiture qui était restée à l’orée des bois. Maintenant que le Wilson avait eu un début de preuve sur ce qu’il cherchait depuis des semaines, il n’allait plus s’arrêter jusqu’à avoir la vérité et William allait devoir rapidement choisir de démissionner ou de suivre son patron dans ses délires de chasse aux monstres.

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