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Prologue

Au fin fond de la campagne, dans un petit village réputé pour son calme et ses champs, se trouvait une grande maison construite en mille-neuf-cent dix-huit. Elle avait été bâtie pour une noble famille, un couple avec trois enfants.

La plus âgée des héritiers, Marie, passait beaucoup de temps dans sa petite chambre. Écrire sur sa machine, tout en gardant un œil sur la fenêtre qui donnait sur la cour, la passionnait. Elle avait rédigé un roman et quelques poésies. Et lorsqu'elle se regardait dans son splendide miroir, elle ressentait une certaine fierté et un accomplissement personnel que sa famille respectait.

Luci et Joseph, les jumeaux, plus jeunes que leur aînée de trois années, partageaient tout. Même leur chambre, un grand bureau pour eux deux, et leurs lits étaient identiques. Deux couches simples, taillés dans quelques chênes du jardin. Jardin dans lequel ils jouaient à se cacher et grimper aux arbres, courir après les corbeaux. Depuis qu'ils avaient appris à lire, ils se contaient mutuellement leur histoire du soir. Très fusionnels, il n'en adoraient pas moins leur grande sœur.

Monsieur et Madame avaient très bien élevé leurs enfants, qui savaient s'habiller avec goût, se tenir en compagnie d'adultes, et manger convenablement. Ils leur avaient fait lire le plus de romans possible, les asseyant chaque soir devant la bibliothèque près de la cheminée. Madame leur apprenait ensuite à jouer du piano à queue non loin de là. Monsieur leur enseignait les mathématiques. Et c'était Marie, déjà très instruite, qui parlait philosophie avec Luci et Joseph, juste après le repas. La longue table à manger pouvait accueillir au moins douze personnes, ce qui était pratique pour les réunions de famille et la réception d'amis. Sa grande nappe rouge bordeaux lui donnait un aspect chaleureux. Et la fenêtre sur laquelle Madame avait vue quand elle mangeait donnait sur le vaste jardin.

C'était l'hiver, et le pommier trônant au milieu du jardin était nu comme un vers, mais au printemps il donnerait à nouveau de juteuses pommes. L'herbe recouverte de rosée ne demandait qu'à être plus verte et à pousser de plus belle, mais elle devrait attendre, elle aussi. Les corbeaux sur le toit graillaient surtout lorsqu'il faisait sombre, mais ils étaient toujours présents sur cette propriété, de jour comme de nuit, à toutes les saisons de l'année. C'était ce qui faisait plus ou moins le charme de cette immense et impressionnante demeure. C'était même ce qui donnait l'impression que la maison était vivante.


Madame, Monsieur, Marie, Luci et Joseph vivaient très heureux et paisibles. Ils étaient pleins de vie et d'entrain. Une famille noble mais classique, avec des rêves et de l'ambition. Les enfants se promenaient au village et se mêlaient aux autres de leur âge, les parents buvaient un verre de vin chez les voisins et parlaient de la pluie et du beau temps.


Puis un jour, sans crier gare, la maladie s’abattit sur Marie. Aussi brûlante que le feu de la cheminée, aussi faiblarde qu'un nourrisson ou qu'un vieillard, elle resta alitée des jours. Luci et Joseph étaient priés de jouer dehors, de ne pas faire un seul bruit dans la maison afin de ne pas aggraver la migraine de leur sœur. Madame restait à son chevet tous les jours, Monsieur prenait le relais la nuit. Les médecins se succédaient sans trouver la cause de sa maladie, ni comment la guérir. C'était en gardant espoir que les parents faisaient venir un médecin différent chaque jour.

Après onze jours de souffrance, Marie demanda à voir son petit frère et sa petite sœur. Elle fit ses longs et douloureux adieux aux jumeaux, sous les yeux emplis de larmes de Monsieur et Madame.


L'enterrement eût lieu le lendemain du décès de Marie. Inconsolable, la famille restait depuis enfermée dans la demeure familiale, et ne recevait que les livraisons de fruits, légumes et viandes, afin de ne pas mourir de faim.

Monsieur s'était barricadé dans son bureau pendant des jours pour effectuer des recherches incessantes, et ne se montrait plus qu'aux repas.

Madame ne dormait plus, prise par la peur que ses deux bambins ne meurent à leur tour, elle les surveillait nuits et jours. Elle finit par s'endormir dans son bain et ne se réveilla pas. Deux enterrements durant la même semaine. Plus endeuillée que jamais, la petite famille dont deux membres venaient d'être arrachés, entreprirent un voyage sur les ordres de monsieur, à la recherche d'un mystérieux remède. Un vaccin contre la fièvre, un vaccin contre la maladie, un vaccin contre les blessures. Les enfants n'y croyaient pas trop, mais avaient-ils seulement le choix de suivre ou non leur père ? De toutes façons, trop tristes pour émettre la moindre opinion, ils avaient fait leur valise et suivi Monsieur à l'autre bout du monde afin d'essayer de ne pas mourir.

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Portrait de Anonyme
Portrait de Lyn Hellénore
Eh beh, c’est pas joyeux-joyeux tout ça^^ ce n’est qu’un prologue donc je ne sais pas vraiment quoi en penser (mais le cadre d’époque est assez charmant).

Par contre, j’ai un doute, mais puisque tu parles d’une famille de noble mais que tu ne leur donne pas de nom de famille… est-ce qu’il n’y aurait pas la majuscule pour Monsieur/Madame ? je ne connais pas la règle exacte, mais ça m’interpelle.

Sinon, je me permets de chipoter sur des petits trucs (parce que je me dis que les gens qui écrivent pour les challenges n’ont pas forcément le temps de relire pleins de fois pour chasser toutes les fautes^^)
-« Deux couches simples, taillés dans quelques chênes du jardin » (couche au masculin ?)
-« Depuis qu'ils avaient appris à lire, ils se lisaient mutuellement leur histoire » il n’y a pas vraiment de faute, mais c’est la répétition du verbe « lire »… je n’arrive pas à determiner si c’est une répétition voulue ou non.
-« il n'en adoraient pas moins leur grande sœur »
-manque des espaces ici « propriété,de » et « paisibles.Ils »
Portrait de Pikappy
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Je n'étais pas sûre de garder "monsieur/madame" j'hésitais à mettre des prénoms, mais je pense le laisser tel quel finalement, et du coup oui mettre les majuscules !
L'erreur d'accord couches-taillé(e)s je ne l'avais pas vue merci !
En effet, je vais changer "lisaient" par "contaient" merci encore
Les espaces manquants sont dus au copier coller open office -> 404 x) J'ai dû en oublier ^^ merci encore