Chapitre 1 | 404factory
Trinité des Monstres - Apprenti Chasseur

Chapitre 1

                Un homme en habit de cardinal avance dans une cathédrale avant de s’arrêter aux côtés d’une colonne.

                << _ Ainsi donc, tu as été nommé chasseur de monstres.

_ Oui, Monseigneur. Et je m’apprête à aller suivre une formation sous tutelle auprès Hippolyte Amazie.

_ La Chasseuse de Ténèbres ? Tu dois avoir un réel potentiel, et je suis heureux de ne pas m’être trompé. Saches que son titre lui est disputé par une nouvelle recrue, une certaine Lucie…

_ Lucie Parjur, celle qui a survécu aux vampires et aux Changeformes, j’en ai entendu parler…

_ Bien. Pars maintenant, chasseur Alphonse Dedais.

_ Oui, Monseigneur.

                L’ombre derrière la colonne disparait en silence tandis que le cardinal reprend sa progression en souriant.

*

Quatre ans plus tôt

*

                Alphonse appréciait ce job d’été chez TSI, Tourisme Supérieur International. Agent d’entretien dans un centre de vacances pour riches est un emploi calme et bien payé lui permettant de profiter du soleil en travaillant torse nu tout en admirant les belles femmes des riches connards qui venaient ici, ainsi que leurs filles. Avec ses vingt ans et son physique bien taillé, travailler torse nu lui procurait un avantage conséquent. Ajoutant à cela son ton avenant et son sourire charmeur, il passait d’agréables soirées. Les employés avaient pour consigne de ne pas approcher les clients, mais rien dans le règlement intérieur ne l'obligeait à les repousser si ceux-ci venaient à lui. Il avait réussi à se faire suffisamment apprécier des clients pour avoir été promu, passant du ramassage des ordures aux espaces verts, et même s’il avait maintenant quelques heures de travail de nuit, l’augmentation de la paie était appréciable.

                Ce soir justement, l’équipe dont il faisait partie devait récupérer des arbres dans la forêt privée du camp pour aller les replanter dans le camp. Les cinq hommes avaient embarqué dans un camion pour partir dans la forêt dans la soirée, et le temps de se rendre sur place, vingt et une heures sonnaient. Le groupe se saisit des outils et commença à travailler d’arrache-pied dans le plus grand des silences, déployant des lampes lorsque le soleil fut pleinement couché. À deux heures du matin, ils en avaient déraciné et déposé quatre sur le camion, mais il leur en restait encore deux à préparer avant de terminer pleinement leur mission. S’épongeant le front de son avant-bras, Alphonse grogna.

_ Ça va qu’on est en heures supplémentaires au tarif de nuit…

_ Ferme-la et actionne tes bras au lieu de ta langue, le charmeur. Ici, personne ne bossera à ta place !

                Rodrigue Sanchez, le chef de l’équipe, un petit homme trapu et poilu comme un ours, n’appréciait pas le nouveau, mais n’avait pas eu le choix.

_ Oui boss… Attendez, vous avez entendu ça ?

                Le groupe s’arrêta quelques instants, écoutant en silence, pour ensuite se remettre au travail en se moquant du nouveau. Quelques secondes à peine après avoir recommencé les coups de pelle, tous s’arrêtèrent. Cette fois-ci, ils avaient tous entendu des bruits. Un grognement, du bois qui se brise, un grincement métallique puis plus rien.

_ Ah ! Vous voyez, je ne suis pas fou…

                Les cinq hommes avaient beau être braves, la peur les gagnait petit à petit. Alphonse eut subitement l’impression étrange d’être une proie apeurée, et il n’apprécia pas. Retirant sa pelle du sol, il la maintint devant lui comme une arme, et ses collègues l’imitèrent très vite avant qu’ils ne se positionnent tous dos à dos. L’un d’eux, un grand noir très musclé, apostropha son chef.

_ Chef, tu crois qu’il y en a un ?

_ Ta gueule Mnasol. Pas devant le nouveau.

                Alphonse regarda les deux hommes tour à tour avant de répondre.

_ S’il a des infos importantes qui disent qu’on va crever, et qu’il y a des moyens de survivre, je suis preneur…

                Rodrigue répondit sèchement.

_ Dis-toi juste que nos outils sont taillés pour nous aider à nous défendre le temps que les secours arrivent. Si c’est ce qu’on croit. Et que maintenant que tu es dans la confidence, soit tu auras une incroyable prime et un job à vie, soit tu seras mort…

_ Encourageant… Dans quel job d’été on peut mourir ?

_ Celui-ci…

                Les hommes restèrent ainsi en silence pendant plus d’une le temps de s’assurer qu’aucun bruit ne s’élevait de la forêt avant de se détendre et de respirer. Puis subitement une ombre fendit le groupe, et Mnasol leur fut arraché en poussant un cri de terreur alors que Rodrigue l’appelait.

_ Putain ! C’était quoi ça, boss ?             

                Rodrigue tourna rapidement la tête vers le jeune avant de répondre.

_ Tu crois au paranormal, gamin ?

_ Comme les fantômes ?

_ Par exemple…

_ Non.

_ Et bien si on survit, tu vas commencer à y croire…

_ Je commence à y croire dès à présent… Lâche le truc.

_ Loup garou.

                Alphonse se retint de rire, avant de paniquer quand il vit ses collègues particulièrement concentrés, et affermit sa prise sur son arme improvisée.

_ OK… Et tu avais parlé de secours ?

_ Oui, mais il faut tenir vingt minutes.

_ Cool… Alors adieu…

                Un hurlement bestial provint d’au-dessus d’eux, et les hommes se retournèrent en s’écartant alors qu’une énorme masse poilue atterrissait au milieu du petit cercle défensif. Rodrigue fut le premier à réagir en frappant la créature qui arrêta le coup de fourche d’un bras robotique lui tenant lieu de bras gauche. Brisant le manche alors que la tête de fourche s’envolait dans la forêt. Dans la seconde, la créature attrapa l’ouvrier d’une patte monstrueuse et lui broya la tête dans un écœurant bruit de fruit écrasé avant de bondir en emportant le corps. Le tout avait pris sept secondes.

                Terrifié, Alphonse avait reculé jusqu’à finir appuyé contre un arbre, sa pelle collée à lui, ne sachant pas comment réagir, alors que le corps sa vie et sans tête de Rodrigue chutait là où il se trouvait quelques secondes auparavant. Le monstre chargea de nouveau, éventrant un troisième homme en traversant ce qu’il restait du groupe, et le dernier ouvrier le poursuivit dans la forêt. Quelques minutes plus tard, un hurlement de douleur fixa Alphonse sur son sort. Ravalant ses hurlements de terreur, il essaya de rassembler ses idées et de se trouver une solution. Il avait à portée de main une pelle, une pioche, une fourche cassée et un camion. Un sourire dément s’étira sur son visage alors qu’une idée folle lui venait à l’esprit.

                Saisissant la tête de fourche, il courut au camion pour en sortir de la corde épaisse qu'il noua en deux points pour en faire une sangle, avant de la passer dans son dos, puis s’attela à attacher la tête de fourche sur sa main droite. Avisant un couvercle de poubelle, il le prit en main au moment où un bruit sourd de chute se faisait entendre derrière lui. Se retournant lentement, il fit face à une créature monstrueuse. Un loup de forme humanoïde dont le bras gauche était une prothèse cybernétique grossière. De celle-ci partaient des câbles dont l’autre extrémité pénétrait le crâne de la créature au niveau de l’œil, lui-même protéique. Devant ce spectacle, Alphonse trembla de colère. Cette créature contre nature avait tué quatre hommes qu’il connaissait, ce qui était déjà suffisant pour s’énerver, mais elle-même semblait avoir subi d’horribles tortures, et ça le révoltait. Elle devait mourir, tant pour ses meurtres que pour abréger ses souffrances.

                Le monstre se lança en avant, et Alphonse para son coup de griffe in extremis avec son bouclier improvisé, avant de frapper aussi fort que possible la patte arrière gauche du monstre, lui clouant le pied au sol d’une pointe de la fourche sous le glapissement de douleur de l’animal. Retirant son arme improvisée il frappa dans les cotes de la créature trois fois, ne parvenant à traverser le cuir de la bête qu’une fois, alors que le bras mécanique balayait Alphonse d’un large revers. Après avoir roulé au sol, Alphonse releva la tête avec espoir, mais le perdit vite. Si la fourche arrachée provoquait de beaux saignements, le monstre se tenait droit face à lui et avançait en boitant, brandissant une patte droite aux griffes menaçantes.

                Alphonse se releva en titubant avant de saisir sa pelle et de la retirer de son dos. Il savait qu’il allait mourir, mais ne voulait pas le faire sans combattre. Le monstre lui bondit dessus en rugissant, avant qu’une déflagration ne le cloue au sol, la boite crânienne pulvérisée. Alphonse regarda le corps secoué de spasmes avec soulagement. Peu lui importait qui avait abattu la créature, tant qu’il survivait.

                Le sourire aux lèvres, il se laissa aller à s’évanouir. Quelques instants après que son corps se soit écroulé face contre terre, une dizaine d’hommes en tenue paramilitaire émergea des bois accompagnés d’un homme en tenu de cardinal qui observait le cadavre du monstre se transformant lentement en un corps de femme nue.

_ Encore un échec…

_ Désolé, Monseigneur. Que faisons-nous du témoin ?

                Le religieux observa l’ouvrier avec intérêt. Son ingéniosité et sa combativité l’avaient impressionné.

_ Emmenez-le au QG. Je veux le débriefer personnellement.

_ Bien Monseigneur. Il sera fait selon Sa Volonté. >>

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Portrait de Anonyme
Portrait de Alice Marin
Donc cet endroit sert de terrain d'entraînement aux experiences de l'inquisition... sympa poir les employés qui sont pas au courrant...
Portrait de Sebastien Carré
C'est presque ça !
Portrait de lavoixdusabre
je sais j'ai pas finis louveteau mais je souhaitais t'encourager! ;)
Portrait de Sebastien Carré
C'est trop gentil !!!
Merci !!!
Portrait de Korigan
Voilà qui est prometteur !
Portrait de Sebastien Carré
Merci
Portrait de Poz
Warwick ?! Très bon début , j’espère qu’il n’y aura pas de spoil pour TDM
Portrait de Sebastien Carré
C'est pas "en gros", c'est la suite mais en changeant de personnage principal
Portrait de Philippa Chevallier
C’est du TDM en gros
Portrait de Sebastien Carré
C'est des histoires qui vont se croiser, se mêler er s'entrelacer pour n'en former plus qu'une...