PROLOGUE | 404factory
Transgression mémoires d'une traitre

PROLOGUE

A l'heure où je pose ces quelques mots, je m'appelle Emma Dubois. Les miens ne me connaissent que par mon prénom. Je n'ai jamais cherché à le changer. Je suis née sans nom de famille. Je n'en avais pas besoin. J'ai poussé mon premier cri  sous un étal de boucher, entourée par l'odeur du sang et des charognes. J'ai grandis dans les ruelles du Bordeaux sale, crasseux et coupe gorges. Rien à voir avec la perle orgueilleuse d'aujourd'hui. Dès mon plus jeune âge, et par nécessité, mes frères m'apprirent à voler, ruser mais aussi à recevoir les coups du vieux quand les soldats nous ramenaient chez nous.  Il était interdit de se faire prendre. Malgré les branlés mémorables, commises uniquement pour la forme, nous recommencions à piquer les bourses des riches et, même parfois, pénétrons dans les maisons. Avec ce que nous troussions, nous pouvions plus ou moins manger à notre faim. Je me souviens que j'étais heureuse. Ce sentiment peut être troublant quand on y pense. Certes, la vie était difficile, souvent haïssable. Nos conditions de vie étaient inacceptables sauf qu'au 16ème siècle, notre misère n'était pas une exception. Nous n'avions connu que la misère et vivions chaque jour avec. Nous étions aussi illettrés que mal éduqués. Nos coquilles vides ne rêvaient pas d'aventure ou de fortune, seulement de tranquillité et de sécurité. J'étais une enfant pleine de vie.  

A force de me voir traîner qu'avec des têtes brûlées, ma mère décida que je devais être respectable. Elle ne souhaitait pas me voir tapiner comme elle.  Je l'avais souvent surprise vendant son corps dans une ruelle près des quais. Plusieurs de mes frères étaient les bâtards de ces hommes de passage. L'argent des passes étaient la garantie de ne pas finir plus miséreux. A onze ans, elle me trouva une place comme lingère chez Mme Sancier. Je fus placée au seing du corps de maison de ma nouvelle patronne et exploitée jusqu'à une bien triste histoire. 

Chez Mme Sancier, mon quotidien était toujours le même. Je me levais avant le soleil, m'habillais puis me rendais en cuisine où m'attendait madame Marie, la gouvernante trop âgée pour les taches ménagères. Je m'occupais d'abord du linge puis de Mme Sancier. Son levée devait toujours être avant monsieur. Je l'aidais à s'habiller et lui présentais ses bijoux. Pendant que madame arrangeait les rougeurs de son visage, je m'occupais de la chambre. Elle rejoignait ensuite son époux pour se rendre dans la chapelle du quartier pour prier durant deux longues interminables heures. Je devais toujours attendre, agenouillée dans un coin au cas où madame eut besoin de se soulager discrètement. Je haïssais ce moment car souvent elle faisait exprès de pisser à côté du pot que je devais tenir pour que Madame puisse prier debout et non à genoux comme tout bon croyant. Le déjeuner avait souvent lieu vers 13h. Les après midi, monsieur vaquait à ses affaires dans son bureau. Madame recevait ses amies dans le petit salon. Je n'étais tranquille que le soir après la dernière prière que cette folle attendait que nous prononcions. Elle quittait nos quartiers sans omettre une pique personnelle ou une remarque sur la tenue de la maison. Rien n'était jamais parfait. 

Monsieur Sancier était un homme discret. Face à son épouse, il parlait très peu, n'argumentait jamais, subissait souvent. Je n'avais que très peu de contact avec lui. Il se consacrait à ses affaires plus qu'à son épouse. Il ne souriait qu'avec les autres hommes d'affaires ou les grands seigneurs de Guyenne et de Bordeaux. Avec Mme Sancier, ils n'avaient jamais eus d'enfant. Ils ne partageaient le même lit que très rarement. Parfois, il arrivait à monsieur de faire un détour chez les filles de peu de vertus mais jamais pour le sexe. Il aimait juste dessiner leur corps nus sur des morceaux de papier. Il avait un certain talent.  

Iseo, un bel homme d'une trentaine d'années, était à son service depuis près de vingt ans. Il viellait sur son maître comme un chien sur son os. Sauf ce fameux après midi de mai. Je m'occupais de l'argenterie noircis par des mois d'oubli. J'étais assise à ma place dans la cuisine quand monsieur Sancier est arrivé contrarié. Je n'ai pas posé les yeux sur lui. Les autres domestiques racontaient qu'il avait par moment des instants de folie. Tous savaient que si le maître des lieux changeait ses habitudes, il fallait, tout de suite, trouver Iseo. Jamais, il ne se rendait dans les cuisines. Gardant les yeux baissés, j'attendais calmement qu'il sorte. Je me remis au travail lorsque j'entendis un gros fracas provenant du salon. Je me précipitais pour aider et trouvais monsieur simplement assis par terre. 

Soucieuse, je commis l'erreur de m'approcher de lui. Il était hagard comme perdu dans ses pensées. Quand il me vit, il réclama Iseo. Son propre domestique s'était absenté le temps d'une course.  J'essayais de le rassurer. Il se servit de mon epaule comme d'une canne. Une fois debout, il fit glisser ses doigts sur mon sein. Je le repoussais. Il saisit mon poignet et glissa ma main dans son pantalon. 

-Dieu ne peut te punir pour cet acte de bonté. Iseo le fait souvent. 

Il était fou. Monsieur n'était pas dans son état normal. Ses yeux me suppliaient de le soulager de cette douleur démoniaque qui envahissait son être. Il était trop fort pour que je tente de le repousser. Désespérée, j'appelais à l'aide. Je ne voulais pas quitter cette maison et retourner dans le taudis familial. Iseo nous surprit. Il nous sépara en ramenant monsieur à la raison. Je fus témoin d'un tendre baiser entre les deux hommes. 

-Sors !m'ordonna Iseo. 

J'obéis. 

Le soir même, je fus convoquée par Madame Sancier dans le salon. Iseo était là ainsi que son mari.  J'étais accusée de perversion alors que je n'avais rien fait. Elle n'entendit que la version du domestique. Selon les dires de cet homme, j'avais délibérément ôté mon haut pour dévoiler le peu de poitrine qu'une enfant de  onze ans possède. J'avais aussi glissé ma main dans le pantalon du maître comme les putains savent le faire. Il était arrivé avant que ma bouche ne pervertisse l'âme de monsieur.  Mme Sancier se signa. De mon côté, je ne cherchais pas à me défendre. Leur piété était à vomir. Leurs mensonges seraient jugés par leur Dieu le moment venu. Mise à la porte sur le champ et de retour chez nous, je reçus la plus belle des branlées. Le visage tuméfié, le bras cassé, je gardais le lit plusieurs jours, souffrant le martyre à cause des mensonges et de la folie de deux hommes. 

L'hiver suivant, je perdis deux sœurs, Madeline deux mois et Henriette deux ans. Les sœurs de la charité avaient proposé de les recueillir. Elles avaient affronté le sale caractère du père. La religion n'avait pas sa place dans nos murs.  Jean, notre frère de cinq ans, mourut quelques semaines plus tard. Le paternel mourut dans une rixe juste avant la fin des dernières gelées. Au printemps, nous n'étions plus que six bouches à nourrir. Notre père mort, notre mère trouva le premier qui l'acceptait avec ses rejetons.  Peu de temps après, notre aîné épousa une fille de campagne. Il nous quitta dès l'arrivée de l'été. Une bouche de moins à nourrir de l'argent en moins pour le foyer. Ma sœur, Louison, se fit engrosser par notre beau-père. Le bébé choisit de mourir avant de venir au monde. La canicule d'août emporta Louis sur un navire en tant que mousse. En ce début d'hiver particulièrement doux, nous n'étions plus que quatre bouches à nourrir.

L'année de mes treize ans fut le tournant de ma vie humaine. Ma mère accepta que son compagnon continue à abuser de ma soeur. Elle avait attrapé ce qu'on nomme, aujourd'hui, une MST. Une nouvelle bouche vint s'ajouter puis un retour de couche de Louison ajouta des jumeaux à notre malheur. De mon côté, je volais toujours de quoi manger jusqu'au jour où je fus arrêtée par un soldat plus zélé que les autres. Je n'ai pas été jugée, simplement oubliée dans un cachot rempli de rats pour me faire passer l'envie de recommencer. La nuit, ces sales bestioles me réveillaient. Elles essayaient de se remplir l'estomac avec mes extrémités. Mon corps fut couvert de morsures. Les soldats me libérèrent au bout de trois jours. Pas besoin de passer devant un juge pour une simple voleuse. L'un d'eux me rappela juste que la corde appréciait aussi les cous des detrousseurs  de bourses. Je sortis affaiblis de cette épreuve. Je rentrais chez moi comme si rien ne s'était produit. Mon beau-père n'oublia pas de me donner sa propre leçon. Avec le peu de forces qu'il me restait, je me suis débattu pour me libérer de son emprise. Il m'a giflée et m'arraché mon jupon. Ce geste déclencha une forme de panique. Je savais que, si je me laissais faire, je deviendrai sa nouvelle chose. Je le frappais avec mes poings. Mes jambes repoussaient ses attaques pour pénétrer mon intimité. Malgré sa force, il était hors de question que mon corps lui appartienne.  Je hurlais espérant qu'un inconnu intervienne. Un détail revint en mémoire de cette bête. J'étais normalement vierge et à cette époque, ce détail valait de l'or. Il s'arrêta. Dans son regard, je compris qu'il ferait de moi le jouet d'un autre. 

-Tu es toujours vierge. C'est de ça que provient toute cette fougue. 

-Va te faire foutre ! 

-Tu vas me rapporter plus avec ton cul que tes misérables petits larcins. 

Cet animal m'enferma dans la cave infestée, elle aussi, de rats. Ce cauchemar n'allait donc pas prendre fin. J'avais aussi peur que l'une des morsures ne s'infectent. J'entendis la dispute entre ma mère et son compagnon. Je n'en saisis aucun mot. Les cris de cet échange se calmèrent quand une gifle résonna dans la maison. 

Dans la nuit, Louison se leva pour allaiter ses bébés. Son devoir maternel accomplis sans amour, elle vint me voir avec un bout de pain et de l'eau. J'avalais sans mâcher cette brique sans goût que l'eau de la Garonne ramollissait avec peine. Ma soeur avait toujours eus un sourire magnifique avant de devenir une chose. Elle s'assit à mes côtés et ne prononça pas un seul mot. Quand elle observa mon visage, elle s'excusa.

-C'est pas ta faute. 

-Contrairement à toi, je suis faible. 

J'avais pas envie de lui répondre par l'affirmative. J'étais déjà assez en colère comme ça et encore plus effrayée. La prison et maintenant cette cave, je n'en pouvais plus. Je ne rêvais pas de grandeur comme les jeunes d'aujourd'hui. Ma condition de femme était un handicap. Rajoutez à cela le monde dans lequel j'étais née et vous obtiendrez une vie de crève misère d'une banalité ennuyeuse. Au moins, je n'avais pas encore d'enfant. Louison n'avait que quatorze ans et était déjà mère de trois rejetons. Ce n'était pas choquant pour l'époque. Aujourd'hui, on criait, à raison, à l'acte pédophile. Ma soeur saisit tendrement ma main pour la poser sur son ventre. Elle était encore en cloque. Ma colère ne fit que s'amplifier. 

-Il faut que tu ailles voir une faiseuse d'anges. Louison, je t'en supplie, fuis avec tes trois enfants ou place-les chez les nonnes. Elles vous trouveront un avenir meilleur que celui-ci.

-Tu es plus mature que moi petite soeur. 

-Ce n'est nullement une question de maturité mais de bon sens. Nous ne sommes même pas sûres qu'ils passeront l'hiver. Tu n'as presque plus de lait tellement tu es fatiguée. Louison, va voir la vieille Anne.

-Avec quel argent?

-Nous le volerons.

Louison m'embrassa tendrement sur le front avant de me laisser avec les rats dans le noir. Je ne comprends toujours pas qu'elle ait pu mettre au monde un quatrième enfant alors qu'elle perdit les jumeaux durant l'hiver suivant. Son coeur de mère ne battait pas assez fort pour se battre pour ceux qui respiraient encore. J'étais une coquille vide mais elle n'était qu'un corps vide d'âme. 

 Je ne voulais pas de cette vie de soumission où je n'étais qu'un corps dont on dispose sans plaisirs, ni désirs. Je voulais être plus qu'une âme sans vie errant à la recherche d'une existence vide de sens. J'aspirais à la liberté, au bonheur, à la simplicité, à la beauté de l'existence.  

Dans le noir, au milieu des rats, je songeais à quitter cette triste vie, à devenir quelqu'un. 

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Bonsoir,
Je viens lire davantage parce que Seb a parlé en bien de ton histoire que pour la couverture et le résumé. Je t'avouerais même qu'ils me rebutaient tous deux ><

Pardon si je semble un peu rude dans mon commentaire, je t'écrirai les choses comme elles me viennent. Mes remarques ne sont en aucun cas une " vraie vérité" ou un truc du genre, juste une remarque de lectrice avec sa part de subjectivité !
je ne lis pas les autres commentaires, désolée s'il y a des redondances !
j'espère que mon commentaire ne te désespérera pas ^^

L'impression dans ton premier paragraphe est une platitude et un détachement, c'est renforcé par l'utilisation des auxiliaires être et avoir. Je suis née, je n'en avais pas besoin, je suis venue au monde, j'étais la cinquième enfant, nous étions pauvres. ( Tu peux facilement changer dans le genre : Cinquième d'une fratrie de douze, je suis née à Bordeau, sous un étal de boucher. (oui, un, pas une ;)) Que les enfants n'aient pas tous survécu à l'accouchement n'a que peu d’intérêt dans ce tout premier paragraphe, d'autant que la formulation est un peu maladroite "vivant ou mort-né qu'elle a porté", ça veut dire qu'elle les a tous portés vivants, non ?)
Ou encore " nous ne possédions pas grand chose"

Rien à voir avec le joyau d'aujourd'hui. Ma ville est devenue un joyau orgueilleux et fier => c'est redondant, pourquoi as-tu besoin de la deuxième phrase ? La première se suffit à elle-même !
la vie était simple, et juste après : la vie était difficile. Dis comme ça, ce n'est pas logique ! Du coup, peut-être " La vie me paraissait simple... En réalité, la vie était difficile, parfois haïssable.
Simple question : pourquoi le père leur met-il des branlés quand les enfants piquent des bourses ? Pour donner le change devant les soldats ? Ou parce qu'ils se sont fait pincer ? ( La deuxième option serait la plus logique)
Je me souviens que j'étais heureuse ; J'étais heureuse malgré la dureté de cette vie : c'est très redondant, ce paragraphe, tu y gagnerais à condenser les informations pour éviter de sembler te répéter !

Un jour, ma mère décida que je devais essayer d'être respectable => pourquoi ne pas être plus incisive ? ce "essayer" est un peu étrange, non ? "Un jour, ma mère décida que je devais être respectable". L'argent des passes étaient => était ( ou servait à payer le loyer ).
elle me trouva une place comme lingère chez Mme Sancier. Je fus placée au seing du corps de maison de ma nouvelle patronne => Elle me trouva une place comme(de) lingère, au sein du corps de maison de Mme Sancier. On m'exploita jusqu'à une tentative de viol ?( savoir à ce moment que c'est le mari n'apporte rien, au contraire, on sait que le moment va arriver. Si tu ne le précises pas, on ne sait pas de qui ça viendra ! )

Pardon de demander ça, mais le déroulé de sa journée chez ses gens a-t-elle un quelconque intérêt pour la suite ? Encore pardon, mais ce n'est pas des plus palpitants :/
Encore beaucoup de verbe être qui rend le texte plat et figé ( par curiosité, j'ai fait une recherche sur ton chap, on a 25 fois était et 13 fois étais, 3 étaient et 4 étions. Pour le plus que parfait, tu ne peux rien y faire, mais tu peux tenter de trouver d'autres formulations de temps à autre, ça donnera du peps à ton texte. ex : Iseo était là pour lui. Il était son second depuis près de vingt ans. Il viellait sur son maître comme un chien sur son os. => Iseo, son second depuis 20 ans, veillait sur lui comme un chien sur son os.
l'argenterie noircis => noircie
Je n'est pas posé => je n'ai pas posé
Je savais que si je le faisais madame l'apprendrait => par quel miracle ? oO
était partis => parti
La scène du viol... ne m'a pas convaincu du tout. Ce sont des scènes particulières qui ne doivent en aucun cas être traité à la légère, et chez toi, j'ai l'impression que tu avais "besoin" de ce viol, donc tu l'as mis, mais ( j'en suis désolée) la façon dont tu l'as amené, ça ne passe pas. Ce n'est pas crédible une seconde et du coup, c'est assez malaisant. Tu as un homme (qui aime apparemment les hommes, ce qui est confirmé à la fin de la scène d'ailleurs) qui tombe, et quand sa servante vient l'aider, il se sent tout à coup une attirance pour elle, une femme, au point de la violer sur le champ ? Et à la fin de la scène, comme par miracle, il embrasse tendrement son amant ?
Les pensées de la jeune femme aussi. Elle n'a pas peur, n'a pas mal, elle est juste désespérée parce qu'elle craint de retourner dans sa famille ? Et ensuite, elle passe à autre chose direct ? Pas de séquelle de son viol ? De traumatisme ?
Dernière chose : si le domestique les a surpris dans la position que tu as décrite, ce n'est pas un viol mais une agression sexuelle.
Dans le cas d'un viol ( avec pénétration), la réaction de la maîtresse de maison et du domestique est juste ridicule. Dans le cas d'une agression sexuelle, la totalité de la scène est davantage crédible, en effet. Peut-être est-ce juste un choix malheureux de vocabulaire ( j'aurais pu me contenter de dire ça, mais les fictions où les viols sont banalisés sont trop nombreuses pour ne pas en faire la prévention.)

Simple information : Madeline deux mois et Henriette deux ans. Elles moururent de faim. => un bébé de deux mois à cette époque est encore allaité, si la mère mange, le bébé mange, même s'il mange peu. Il ne grossira pas, mais ne mourra pas de faim ( ni de soif, d'ailleurs)
mais aussi des sous en moins => le vocabulaire me semble un poil inadapté ? => mais aussi un salaire en moins ?
L'hécatombe avec les frères et sœurs, moui, ça fait un peu " pauvre famille, tous les malheurs lui tombent sur la tête !" Il y a plus simple si tu veux vraiment les tuer de manière très crédible : tu regardes quelles épidémies sévissaient à l'époque ;)
Le bébé choisit de mourir => c'est très bizarre comme formulation, et mon côté maman trouve ça un poil glauque

Je t'avoue qu'à ce stade, je me demande bien pourquoi tu nous racontes sa jeunesse en détail, ces événements ne semblent pas avoir d'importance pour la suite, c'est juste une énumération de sa vie... Est-ce qu'un de ces éléments à un intérêt quelconque pour la suite ? Si non, mieux vaut les supprimer. Si oui, mieux vaut les mettre sous forme de flashback quand tu en as besoin dans l'action. Parce que _ça donne une impression de longueur à ton roman, une impression qu'il ne démarre pas...
De plus, fais attention à ta chronologie, il se passe beaucoup de choses en presque rien de temps. Louison, subit des viols du beau-père ( vraiment des viols cette fois), tombe une première fois enceinte, puis une seconde, avec un bébé, puis encore ne fois avec des jumeaux, et ce en... même pas deux ans ? (puisque l'héroïne a passé une partie de ses 11 ans chez Mm Ancier et qu'elle a désormais 12 ans.) Il te faudrait au minimum 20 mois pour que Louison puisse subir tout ça :/(Et encore, je compte une grossesse plus courte pour les jumeaux, ce qui est assez courant)
Autre chose : il me semble assez aberrant dans leur situation que la mère ne tente pas des avortements illégaux ( pour elle comme pour sa fille)
Ton héroïne se fait mordre par des rats, mais rien ne s'infecte ? Vu l'époque et l'hygiène, pardon de te dire que ce n'est pas crédible, encore une fois ( je suis vraiment navrée de te dire ça)
J'avais pas envie => je n'avais
vous obtiendrez une vie de crève misère d'une banalité ennuyeuse => que tu nous racontes dès le début de ton roman xD
Louison n'avait que quatorze ans et était déjà mère de trois enfants. => ha, encore un soucis de logique ici. Le beau-père ne force pas ton héroïne parce qu'elle est supposée vierge à 12 ans, mais sa sœur Louison a 14 ans et a trois enfants ( et est encore en cloque). Elle devait donc être vierge elle aussi, à 12 ans. ( et ça nous ramène au soucis de chronologie dont je t'ai parlé, puisque du coup, on ajoute encore du temps à tout ça, ce n'est plus 20 mois qu'il te faut, mais 23 ou 24 minimum ( sachant qu'en allaitant, le retour de couches est rarement 6 semaines après l'accouchement, il survient souvent au bout de plusieurs mois), ton héroïne devrait avoir au moins 13 ans)
-Il faut que tu ailles voir une faiseuse d'anges. => d'où une gamine insouciante et pas concerné connaît la faiseuse d'ange alors que la mère elle-même ne semble pas s'en préoccuper ? (ça rejoint un peu une de mes précédentes remarques)

Du coup, le bilan de ce premier chapitre... Je suis mitigée, tu ne nous apporte pas grand chose ici, c'est un chapitre très long où tu fais s’abattre multiples malheurs sur la famille, on ne sait pas trop pourquoi d'ailleurs
Après, bien sûr, tout ça n'est que mon avis à prendre avec des pincettes et qui ne reflète en rien ton travail, c'est juste un avis de lectrice lambda !
Portrait de lavoixdusabre
N'hésite pas à découvrir la suite
Portrait de lavoixdusabre
Merci 😘 je prends note de tout ça. Je t'envoie un mess en mp pour approfondir toutes tes remarques constructives. Et je ne suis nullement vexée t'inquiète. Au contraire je veux avancer et de bons coups de pieds au cul ça fait du bien 😊😉😘
Portrait de lavoixdusabre
Voici la nouvelle version de ce chapitre 1. Il n'est pas encore parfait mais il a un peu plus de tenue, non?
J'ai essayé de suivre vos conseils. J'attends vos retours.
Portrait de Sebastien Carré
Bon, alors compte pas sur moi pour te faire des corrections...
Par contre, l'ambiance ghetto/précarité/faitpasbonetreunefemme, j'adore
Portrait de Philippa Chevallier
Moi je suis une assidue de Seb et je valide la nouvelle version
Je like et ajoute à ma bibliothèque
Portrait de lavoixdusabre
kikou gros changements quand penses-tu stp?
Portrait de Aeliana
Salut !

Voilà mes remarques :

J'étais LA cinquième enfant sur douze

"J'ai grandis dans les ruelles du Bordeaux sale, crasseux et coupe gorges."-> à mettre au féminin, crasseuses

"avec le peu."-> maj

Je pense que dire que ton personnage était heureux est trop fort vu sa situation. Un synonyme moins proche du bonheur peut être une bonne idée.

Est elle la seule fille ? Tu ne parles que des frères. Ensuite enfant des rues est utilisé pour bles orphelins, là elle a une mère et un père, et ils semblent avoir un lieu où vivre tout de même.

"placé au seing" sans g

Avec le passage sur le viol etc on a l'impression que tu as écris le synopsis de l'histoire, mais qu'il manque justement les détails, les situations sont expliquées mais pas vécues par le narrateur. On aurait pu avoir tout un chapitre sur sa vie à 'à rue avec une scène de detroussage, un sur sa vie avec le travail judqu' au viol, un avec le retour et le savon qu'elle se prend, plutôt que le tout expliqué vite comme cela. Ça nous ferai vraiment plus nous attacher au personnage et nous intéresser à l'histoire.

Je perdi deux sœurs fait bizarre. La famille les perds aussi. "La faim avait eu raison de Gleur être" semble plus adapté aussi.
Tu dis après "Jean mourru..." comme si on le connaissait, alors que ce n'est pas le cas. Est ce le père ? Un frère ? Un ami ?

Le bâtard choisi de mourir-> l'enfant, ou le beau père ? Le qualificatif irait aux deux.

Même remarque pour "emporta Louis", on ne sait pas du tout de qui il s'agit ! On devine que c'est un frère mais c'est mal amené. Et ça ne sert à rien de nommer les enfants si c'est juste pour leur mort, finalement "un autre de mes frères" serait suffisant..

Tu utilises le verbe ajouter environ 50 000 fois x)
Pour les jumeaux etc, explicite qui est la mère, on ne comprend pas trop.

Ton personnage est oubliée dans un cachot, mais juste après elle rentre chez elle ? Incohérence ici.

"Mes jambes repoussaient ses attaques pour pénétrer mon intimité. Je hurlais et lui signifiais un détail. Il s'arrêta. Dans son regard, je compris que ma virginité était signe d'argent." tout le passage est à revoir...

Handicap sans e

Louison n'avait que quatorze ans et mère de trois enfants-> il manque un verbe

Celle, que nous appelions mère, vint chercher Louison. -> Problème de virgule

À la fin, quitter cette vie, c'est à dire ? Mourir ou partir ? On ne comprend pas. On ne comprend pas non plus pourquoi elle n'est pas déjà partie avant.


L'histoire de fond pourrait être bien, mais tu nous donnes surtout un résumé à lire. La remarque la plus importante est vraiment : fais vivre à tes personnages les événements, les ressentir, les éprouver, ne les racontes pas comme une liste d'un point de vue extérieur.
Portrait de lavoixdusabre
Salut, j'ai repris tes conseils points par points, j'espère ne pas en avoir oublié. Qu'en dis-tu?
Portrait de Rochelounet
Après vérification Emma apparait des le XIeme siecle... en terme de modernité, on a connu mieux.

Cette réécriture est beaucoup plus fine et plus agréable. Tu contextualises davantage l'époque même si ton personnage insiste pour avoir un vocabulaire "d'aujourd'hui" et non pas d'époque (raclée du siècle, être en cloque...). Ça peut se défendre en fonction de la suite de l'histoire...

J'aime bien l'idée de réfléchir la place de la femme autant en tant qu'objet sexuel que condamnée à être une reproductrice à la chaine. L'envie d'échapper à ce destin a du sens.

Le dernier paragraphe est un peu moins bien écrit et son sens est confus après la première phrase, qui serait une conclusion parfaite selon moi.