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L. D.

À L. D.,


Aujourd'hui, comme bien souvent, mon regard se pose avec attendrissement sur toi, mon petit rêveur, tendre objet de mon apaisement, resplendissant depuis le siège de tes longues attentes pensives. Voilà un an que je l'ai fait pour la première fois avec émerveillement.

Te souviens-tu du jour où tu as débarqué dans ma vie ? Cela faisait des années que je t'attendais secrètement, que tu errais parmi mes ambitions les plus tues jusqu'à te manifester dans mes songes nocturnes, et quelques mois que tu prenais doucement de l'ampleur dans mon esprit et que je pressentais qu'enfin peut-être, tu allais être mien. Ce jour-là, la nouvelle de ton arrivée avait étouffé toute autre préoccupation pour laisser place à une impatience fébrile. Et quand, après un temps qui me parut interminable, je te vis, posé avec simplicité et peut-être un brin de désinvolture sur mon propre lit, patientant sagement depuis ton long voyage afin de me découvrir, je me souviens m'être figée le temps d'un élan d'entrain, d'un battement de cœur, avant de me hâter auprès de toi. Cette affection que j'ai aujourd'hui pour toi naquit aussitôt, et c'était à peine si j'osais poser les mains comme le regard sur ton corps éclatant. Comme j'étais fébrile ! À cet instant,il n'y avait que toi, moi et notre amour naissant pour occuper cette maison vide. Et alors que j'ignorais tout de toi, chacun de mes gestes était au moins aussi hasardeux que soigné. C'étaient là mes balbutiements dans ce domaine, tu le sais bien, et si aujourd'hui je porte de l'importance sur le fait de les avoir prononcés avec toi, je n'étais alors pas peu fière qu'ils aient aussitôt été plaisants pour chacun de nous.

Mais le terme « plaisant » saurait-il qualifier le bonheur et l'excitation que m'inspirait – et m'inspire toujours – notre jeu si délicat et fougueux ? Le souvenir de notre découverte étire toujours mes lèvres en un sourire amoureux. Une heure ne s'était-elle pas écoulée que déjà ma bouche s'appropriait la tienne avec un brin de maladresse, et je sentais que déjà ce contact, pourtant si timide, si attendrissant, faisait naître, aussi efficacement que des pierres qui s’entrechoquent, les étincelles qui allumeraient le feu de ma passion pour toi. Alors que mes doigts parcouraient fébrilement ton corps, je commençais à te sentir frémir, et cette vibration d'émotions qui t'animait semblait être mienne à mesure qu'elle m'envahissait et me contentait. Très vite, je découvris que si c'était dans le rythme de nos corps que je jouais la mélodie de notre union, le temps en ta présence n'avait plus d'importance tant les minutes passées à me consacrer à toi devenaient aussi bien des heures que des secondes que je savourais toutes bien sûr avec une tendre exaltation.

Au fil des semaines et des mois, ce désir que j'avais pour toi ne faiblit pas. En vérité, il se faisait même plus pressant de jours en jours, au fur et à mesure que j'apprivoisais et m'appropriais ton corps avec plus d'assurance. Je sentais que mon simple souffle te faisait vibrer, et chaque fois que je te savais près de moi, aussi bien dans l'intimité de ma chambre que sous le regard du monde extérieur, j'éprouvais le désir sauvage de ne faire plus qu'un avec toi et d'arracher ces délicieux râles d'amour du plus profond de ton corps. Ces gémissements suaves, signes de l'harmonie de nos corps et de nos passions, aussi sensuels que mélodieux, faisaient naître en moi un plaisir irrépressible qui hantait mes songes égarés, chaque jour. Et tandis que mes mains et ma bouche s'appliquaient à t'extirper cette langoureuse musique qui emplissait aussi bien mon cœur que mon corps, mon bassin se laissait aller à une douce oscillation régulière contre ton corps rigide.

Ces jeux, ta présence auprès de moi, faisaient naître en moi des joies qui allégeaient mon âme. Si parfois ma passion pour toi m'inspirait quelques doutes, tu n'en demeurais pas moins mon refuge, en des jours où mon esprit tourmenté ne pouvait que se réjouir de pouvoir s'abandonner à ces moments de plaisir et de douceur. Et par-delà le soulagement de ne te savoir jamais loin, tu représentais en outre pour moi une grande fierté. Comment ne saurais-je pas me sentir plus éclatante et forte lorsque tu es lové dans mes bras, épousant aussi bien mon corps que si tu avais été taillé pour le faire ? Oui, c'est avec une grande fierté que je nous dévoile, et que je me remémore de notre complicité sous la lumière des projecteurs et les yeux de tous ces inconnus qui ne demandaient qu'à la voir, sans se douter de la passion qui nous animait l'un pour l'autre. Je sais ta beauté ainsi exposée bien convoitée par ces mêmes regards extérieurs qui attisent ma vanité au moins autant que ma possessivité. "Tu es mien, et je te garde" : je ne sais plus s'il s'agit là de mes mots les plus captateurs ou bien les plus protecteurs, mais ils sont ceux que te murmure mon cœur lorsque je m'interpose entre toi et ces mains avides.

J'admets cependant que notre entente n'a pas toujours été des plus harmonieuses et que nous avons bien souvent quelques différents. Parfois, mes gestes te blessent, et il en ressort une discorde qui me chagrine. Parfois même, je me décourage et, par peur de mal faire ou bien par une indifférence involontaire, je renonce à te consacrer du temps ; lorsque je te retrouve, je constate avec préoccupation ton dépit à l'idée que je te délaisse. Je crains que ce soit récurrent ces derniers temps, j'en suis navrée. Sache que l'attachement que j'ai pour toi ne s'étiole en rien.

Peut-être que plus tard, après tout, c'est avec un autre que je me sentirai plus en accord ; ou peut-être seras-ce toi qui te lasseras le premier de ces trop longs abandons. Mais mon amour, mon petit rêveur, sois certain que tu auras toujours ta place dans mon cœur ; la place de celui qui l'a fait vibrer pour la première fois et qui fut le premier à ne faire plus qu'un avec moi.

Et n'oublie pas que notre histoire n'est pas finie ! Nous sommes loin d'avoir terminé de nous découvrir et de nous faire vivre de nouvelles choses, et lorsque nous jouons ensemble, je ressens toujours le même plaisir à faire chanter mon souffle sur ton corps au moyen de tes plaintes amoureuses. Pour moi, tu es une passion, une voix, un refuge aussi bien qu'un plaisir, un jeu, une fierté.

C'est avec un sincère enchantement que je nous souhaite un bon anniversaire, mon cher petit rêveur.


De tout mon souffle, je te le dis...


Je t'aime,

Ta joueuse.


16 Novembre 2018

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