Chapitre 1 | 404factory
[One-Shot] Ludonesia

Chapitre 1

Il est une Loi qui dépasse tous nos masques, tous nos artifices et qui transcende toutes les frontières. On ne peut s’y soustraire, au risque d’être poursuivi par le Hasardeux lui-même. Cette Loi, c’est la Loi ludéenne. Et son premier commandement dit : Tu n’useras point de magie sur autrui.

Messe du nouveau jour (Ecén).


Le galion El Perudo filait à bonne allure sur les eaux nordiques de la mer de Go. Sa trentième journée de voyage était déjà bien entamée lorsque la vigie donna de la voix :

— Terre ! Terre en vue !

Don Vincento Mollo de Jepeto de la Mañana, capitaine de ce navire, roula sur sa couchette en grognant. De la terre ? Alors qu’ils se trouvaient à mi-chemin entre Ecén et Proez, et qu’il n’y avait jamais rien eu dans le coin, à part des oiseaux de mauvais augure ? Sa vigie devait avoir vidé un tonnelet de rhum de la réserve avant de prendre son quart.

Cela faisait à peine une heure que le capitaine avait rejoint sa cabine après une nuit agitée. Il en avait encore la nausée et le tournis, de ces flots déchaînés ! On tambourina à la porte de sa cabine et il reconnut la voix enrhumée d’Elmut Avolo, son second :

— Capitaine, vous devriez venir voir ça.

Contrairement à lui, Elmut était fait pour vivre sur un sol instable ; malgré les intempéries, il restait imperturbable. Son respect de la hiérarchie se trouvait être aussi inébranlable que son estomac, ce qui arrangeait bien Don Vincento : sauf urgence absolue, Elmut évitait de le déranger quand il dormait.

Le commandant roula une fois de plus pour atteindre le plancher. Il se mit à quatre pattes puis se redressa avec le poids de tout Ludonesia sur les épaules. Ça y est, il se rappelait : ce n’était pas la vigie, mais lui-même qui avait sifflé un tonnelet de rhum entier, la nuit passée. Le dernier de sa réserve personnelle, à cause d’une mer colérique et parce que… parce que sa Luciole lui manquait.

Il coinça les pans de sa chemise bouffante dans son pantalon de cuir, modela sa moustache pour qu’elle ressemble à un joli tilde puis remonta ses manches jusqu’aux coudes, à la mode de la capitale. Don Vincento, malgré des lendemains souvent difficiles, se répétait chaque jour qu’il fallait saisir sa chance, dans la vie, quoiqu’il en coûte. Il s’était entêté pour entrer dans la maison des Navigateurs, quand bien même on lui avait détecté enfant une « obsession pour les nœuds » en même temps qu’une « absence cruelle de pied marin » ; sans relâche, il avait courtisé Regina Yasmina, bonne à marier depuis soixante années au moins, mais grosse d’une dot aussi généreuse que ses pustules ; il avait préféré refuser un poste éminent à l’Archipellerie d’Ecén pour acquérir à prix d’or son premier rafiot. Et voilà qu’à l’aube de ses quarante ans, il était devenu commandeur d’un superbe galion !

Ballotté de-ci de-là, Don Vincento se traîna jusqu’à son miroir sur pied, un cadeau de Regina – l’un des plus utiles pour un homme de son rang – ; il cracha dans ses paumes et appliqua cette laque naturelle sur sa chevelure dense ; un bol de crin noir prit plus ou moins forme sur le haut de son crâne. Il attrapa ensuite son loup rouge favori pour le replacer sur son nez et, lorsqu’il voulut de nouveau s’admirer dans le miroir, son reflet s’était étrangement évaporé. L’image de la femme de ses rêves avait pris sa place.

Il trouva curieux qu’elle porte les mêmes vêtements que lui ; bien entendu, tout était trop large pour son gabarit de fée. Que ces hanches droites et ces seins comme deux pommes lui donnaient envie de repartir aussitôt vers Ecén ! Et ces longues boucles mordorées de naïade qu’elle adorait mâchouiller, allongée sur son lit d’escale… Et aussi ses yeux immenses – on ne voyait qu’eux ! – qui l’avaient convaincu de rester au port tout l’hiver, plutôt que de retourner à Papélès auprès de son odieuse femme… Ah, Luciole, lumière de ses jours, fantasme de ses nuits.

— Que fais-tu donc là, ma chérie ? fit Don Vincento sur un ton amoureux, et les lèvres roses de Luciole formèrent les mêmes mots que lui.

— Capitaine ?

Le ton d’Elmut, de l’autre côté de la porte, s’était fait vaguement soucieux.

— Un, deux, un, deux ? Don Vincento, est-ce que tu m’entends ?

La Luciole du miroir n’avait pas remué les lèvres et pourtant, sa voix lui parvenait mystérieusement.

— Euh… Oui ? répondit le commandant à la belle.

— Je disais, reprit Elmut : capitaine, vous devriez venir voir. Ce qui se passe à l’horizon est exceptionnel et… un tantinet préoccupant. Presque plus que la tempête.

— Ah, pas déçue que ça fonctionne ! se réjouit la voix de Luciole, aussi épicée que du gingembre séché. Avec la distance, j’avais des doutes… Mon étalon marin, tu n’as pas besoin de garder les yeux rivés sur le miroir : je suis dans ta tête.

— Qu’est-ce que tu veux dire par là ?

Un soupir se fit entendre tout au fond du crâne de Don Vincento ; dans le reflet, la vision se brouilla.

Installée sur la côte écénienne dans une crique garnie de galets plats, Luciole se débattait avec un origami du capitaine. Elle l’avait confectionné elle-même, sans omettre aucun détail, allant jusqu’à dessiner le masque rouge criard de son amant sur le pliage. Hélas, la mèche de cheveux de Don Vincento ne voulait pas rester nouée autour du papier de soie, difficile à manipuler.

Pour le moment, il lui fallait autant que possible stabiliser le lien magique. Luciole resserra la mèche autour du cou de sa miniature et, à des centaines de lieues de là, Don Vincento s’étouffa.

— Hé bien, poursuivit Elmut, il y a « quelque chose » qui apparaît par petits bouts. Ça… ça clignote. J’aperçois aussi des objets volants non identifiés... Le vent semble les amener sur nous.

Sous son loup, le capitaine avait les yeux larmoyants. L’impression qu’on lui écrasait la glotte avec une corde fut remplacée par la réapparition des nausées.

Soudain son bras gauche se dressa, son bras droit l’imita, et son corps tout entier exécuta une pirouette quelque peu empotée. Le rire cristallin de sa piquante maîtresse tinta dans ses oreilles. Cela le charma tout autant qu’il en tressaillit.

— Sorcellerie ! comprit le pauvre capitaine du Perudo, en proie à des mouvements incontrôlables.

Luciole lui fit parcourir la cabine d’un pas joyeux et bondissant.

— Possiblement, mon capitaine, répondit Elmut derrière la porte. Mais, allez-vous bien ? On dirait que vous êtes essoufflé. Avez-vous besoin d’aide ? Je peux entrer si…

— Pas du tout ! cria la jeune femme aux vagues qui se brisaient sur la côte d’Ecén.

— Pas du tout ! répéta bien malgré lui Don Vincento, à l’image de sa marionnettiste. Carguez les voiles, plutôt !

— C’est déjà fait, capitaine. Nous dérivons depuis la mi-nuit...

— Allons, mon loup de mer, ne sois pas si négatif. J’avais simplement envie de te voir. Et puis, tu n’avais rien contre ce petit jeu durant notre séjour en amoureux.

Les images voluptueuses d’une Luciole dans le plus simple appareil au milieu d’une piscine à boules multicolores revinrent à l’esprit de Don Vincento. Ce jour-là, il avait fait preuve d’une dextérité hors du commun avec plusieurs parties de son anatomie, sans savoir qu’il le devait à sa maîtresse. Cette prise de conscience lui mina le moral aussi durement que si on lui avait annoncé sa propre mort.

— Bon alors, ronchonna Don Vincento, maintenant que nous avons pu parler selon tes désirs, pourrais-tu repartir d’où tu viens ? S’il te plaît ? ajouta-t-il très vite, histoire d’être poli avec celle qui possédait assez de pouvoir pour le transformer en vulgaire pantin.

Elmut continua de penser que son supérieur s’adressait à lui :

— Capitaine, vous me voyez contraint d’insister…

Sa voix se perdit dans une pétarade débridée. Le galion tangua violemment mais, grâce à Luciole, Don Vincento conserva son équilibre.

— Si je te contacte, mon dauphin des îles, reprit-elle, c’est aussi parce que j’ai besoin de ton aide.

Le capitaine crut encore entendre des ballons s’écraser sur le pont. Il voulut sortir de sa cabine, mais ses jambes refusèrent de coopérer.

— Luciole, pensa-t-il sur un ton doucereux, je ferai tout ce que tu me demanderas mais, est-ce que l’on pourrait poursuivre cette discussion fort intéressante à l’air libre ?

Don Vincento sentit l’approbation de la jeune femme dans ses mollets. Son pied gauche se souleva, puis se reposa un peu plus loin ; le pied droit suivit et tout recommença.

Une fois à l’extérieur, le capitaine avisa la face grise et inexpressive d’Elmut, la même depuis des lustres. C’était le seul officier du galion à ne jamais changer de masque d’apparat. Son niveau de coquetterie frisait le ridicule, c’en devenait presque insultant.

Sur le pont, il ne trouva aucun ballon crevé : des sortes de calmars ou de petits crabes, faits de cubes de lumière, atterrissaient par un fabuleux mouvement en cloche sur le bateau avant de traverser le bois avec un bruit assourdissant. Oui, ils passaient littéralement au travers, tels des spectres brillant dans la nuit... L’origine de ces créatures semblait située à bâbord, où des nuages étaient en train de former une spirale orageuse. Les vents tournoyants de la tempête, tout aussi bizarre que le reste dans cette zone habituellement calme, empêchaient de mettre le navire à la cape.

Le gros de l’équipage s’était d’ailleurs réfugié dans les entreponts, refusant de vérifier ce qui se passerait si ces calmars fantomatiques et lumineux lui tombaient sur le coin de la figure. Son officier sur les talons, Don Vincento rejoignit le haut de la dunette en titubant sous le bombardement, puis déroula sa longue vue :

— Quelle position ? demanda-t-il ensuite d’une voix beaucoup plus haut perchée que d’habitude.

— B10-B11, mon capitaine !

N’étant pas versée dans les arts de la navigation, Luciole laissa pour un temps la main à son amant. En orientant sa lunette, le commandant du Perudo devint blanc comme un linge. Elmut, habitué à tout anticiper, tendit un seau rempli d’eau à son supérieur, mais celui-ci le repoussa d’un geste agacé :

— Fichez le camp, marmonna-t-il, tandis que sa pâleur s’accentuait.

Malgré la menace, l’officier fit le choix courageux de rester à proximité. La tornade à la proue forcit encore. Une vague immense déferla sur le pont, épargnant la dunette, tandis que plusieurs marins logés dans les étages inférieurs hurlaient des prières au Hasardeux.

À travers la lentille, Don Vincento aperçut alors son destin.

Il fronça ses sourcils touffus et endura une remontée acide. Au loin, tout n’était que menace ; mais si on regardait attentivement, on distinguait d’autres cubes de lumière, mirages au milieu de l’orage, plus gros que ceux des poulpes et des crabes éthérés. Certains étaient saupoudrés d’herbe, d’autres de sable, d’autres encore étaient faits de brique rouge. On aurait dit des blocs suspendus, comme si un maçon avait décidé de construire un nouveau mur en débutant par les rangs du haut. Et ces blocs donnaient la fâcheuse impression de grossir à vue d’œil.

Luciole, qui observait cette bizarrerie par les yeux de son amant, faillit lâcher sa miniature sous la surprise quand une vague vint la tremper jusqu’à la taille :

— Putriche !

La douche glacée lui fit perdre le lien avec sa marionnette. Don Vincento en profita pour arracher le seau des mains d’Elmut et en déverser le contenu sur sa tête.

— Aidez-moi, Elmut ! souffla l’infortuné capitaine.

— À vos ordres !

— Chassez-moi cette aaaaaa… s’étrangla-t-il, avant de régurgiter le rhum de la veille par-dessus bord.

Enroulée dans son drap de plage, Luciole se félicita d’avoir pu garder au sec son capitaine de papier. Elle reprit ses manipulations tout en grelottant de froid.

— Mon otarie chérie, persifla-t-elle en claquant des dents, si tu te débats, toute cette expérience pourrait devenir très douloureuse pour toi.

Pas téméraire pour deux billes, Don Vincento se recroquevilla dans un coin de son cerveau avant de demander plus de précisions quant au sort qui l’attendait.

— Je serais contrainte de mettre au courant ta chère Regina sur tes écarts de conduite, mon petit poisson-clown ; on te retirerait sans doute ton joli galion tout neuf, et ton train de vie partirait en fumée…

— Tu n’oserais pas ! Tu n’oserais jamais !

— J’ai toujours tenu mes promesses avec toi, mon nœud de huit adoré.

Comme n’importe quel couard qui se respecte, Don Vincento prit cette menace très au sérieux. Il abandonna dès lors toute résistance.

Son officier esquiva la chute d’un des crabes lumineux ; il le sauva en le plaquant contre le bastingage.

— « Chasser quoi ? », mon capitaine ?

— Chasser ce… ce désarroi qui me guette si nous n’envoyons pas de messages à la capitale, illico presto ! compléta Luciole en jouant avec les cordes vocales de son amant.

— Très bien, acquiesça Elmut.

Il était quelque peu rassuré de voir enfin son supérieur réagir devant l’extraordinaire.

— Dresseur ! hurla-t-il à pleins poumons : message à transmettre !

— Mon brave, reprit la jeune femme, comment se fait-il que nous nous rapprochions encore de cette terre ?

— C’est le contraire, mon capitaine ! cria l’officier.

Il avait bien remarqué l’étrange mue de Don Vincento mais n’osait pas la relever.

— Aussi bizarre que cela puisse paraître, c’est la terre qui semble se rapprocher de nous !

L’orage était sur eux. Malgré la foudre, des mouettes charognardes avaient entamé une ronde macabre au-dessus du Perudo. L’une d’elles fut traversée de part en part par un crabe de lumière, ce qui la désorienta. Elle connut une chute libre jusqu’au galion où elle y arracha une partie des haubans avant de choquer le plancher. Les marins réfugiés au-dessous poussèrent des cris apeurés.

Le dresseur, petit homme vêtu d’une toile jaune et de chausses de bain, slaloma tant bien que mal entre les différents obstacles ; il escalada ensuite les quelques marches qui le séparaient du capitaine puis lui remit un souffleur dont la vue ravit littéralement Luciole : elle touchait enfin au but.

La belle n’avait encore jamais utilisé cette merveille de magie ludéenne, réservée à la marine d’Ecén. Composé de deux pots de terre cuite reliés par une ficelle, un souffleur permettait d’enregistrer des missives sécurisées. La ficelle était tressée de façon unique pour chaque dispositif et s’étiolait à l’usage ; elle amplifiait les sons entrants par un côté et, dans le même temps, signait et datait le message que l’on souhaitait faire parvenir.

On tendit l’un des pots à Don Vincento. Dans l’autre, le dresseur plaça un Reflet – la monnaie de l’archipel d’Ecén – afin d’y mémoriser la missive.

— Les dauphins ont été nourris, capitaine. Ils sont joueurs et prêts à partir !

Excitée, Luciole rapprocha le pot récepteur de la bouche de sa marionnette, qui dicta alors la recommandation tant désirée :

« Pour le Grand Archipellier d’Ecén, Bartimeus Yasmina IV.

Votre Excellence, c’est avec une immense fierté que moi, Don Vincento, mari de Regina, votre nièce chérie, vous confie un membre particulièrement précieux de ma famille : il s’agit de ma cousine au troisième degré, Luciole de Jepeto de la Manãna.

Notre très chère Luciole fait preuve, depuis son plus jeune âge, d’un talent incroyable pour la négociation, les chiffres et le commerce. Elle possède en outre, dans nombre d’autres domaines tels que la représentation ou les lettres, des compétences et des atouts que, j’en suis certain, votre administration pourra mettre à contribution. Cette ingénue désire, plus que tout au monde, travailler pour la grandeur de votre archipel. Comme moi, elle possède un amour sans borne pour sa patrie ; c’est sans crainte que j’engage mon honneur et ma vie afin de vous assurer de ses qualités : elle jouera le rôle que vous lui destinerez à la perfection.

Enfin, Luciole est très aimée et je n’imagine pas un seul autre endroit où elle pourra s’épanouir mieux qu’auprès de ma Regina, qui sera un modèle pour elle.

Veuillez agréer, votre Excellence, l’expression de mes sentiments dévoués. » Adressez-la au théâtre Celestino, situé à Rido !

Satisfaite, Luciole remit le souffleur au dresseur. Elmut s’en offusqua :

— C’est tout ? Mais je croyais que vous souhaitiez prévenir l’Archipellerie pour…

Une rafale violente l’obligea à s’interrompre. Un éclair blanc frappa le mât d’artimon et un craquement horrible résonna dans les cieux. Don Vincento manqua de basculer par dessus bord. La peur subite de finir sous les eaux renvoya l’esprit de Luciole sur sa plage d’Ecén.

— Hasarderie ! s’écria-t-elle, irritée par son manque de concentration.

Elle s’étira et laissa un bâillement s’échapper : faire appel aux ludés la vidait toujours de son énergie. C’était encore pire, visiblement, quand il s’agissait d’ensorceler quelqu’un à distance. Le défi avait certes été intéressant à relever mais, maintenant que c’était fait, elle éviterait de recommencer. En plus, elle n’avait pas grand mérite à toujours remporter la partie avec la magie… Dans quelques jours à peine, elle verrait bien si ça avait fonctionné. Et s’il s’avérait qu’elle avait raté son coup, elle trouverait quelqu’un d’autre à embobiner pour décrocher ses entrées à la capitale. Elle s’écroula sur le bord de mer, victime d’une de ces désagréables crises de sommeil.

Don Vincento, les yeux exorbités de terreur, reprit le contrôle de son corps pour s’apercevoir que l’artimon était maintenant couché en travers du galion, ses vergues livrées aux flots. L’ouragan refusait de dépérir. Et ces blocs étranges, qui s’aggloméraient à bâbord pour créer une île, de plus en plus énorme et massive... Encore et toujours de la sorcellerie ! L’image de la responsable se forma dans son esprit : Luciole. Elle et sa magie de malheur ! Qui d’autre qu’elle pouvait être à l’origine de cette catastrophe ? Il aurait dû se méfier d’une femme aussi coquette et de ses manières de comédienne…

Le Perudo donnait furieusement de la bande, son second avait disparu ; le pauvre Elmut avait eu moins de chance que lui avec le bastingage. Les calmars occasionnaient tant de tapage sur le pont que Don Vincento dût hurler aux oreilles de son dresseur pour se faire comprendre :

— Une autre missive ! Tout de suite !

La colère lui redonna l’énergie nécessaire. Il attrapa le souffleur en hâte et enregistra sa vengeance avant de rendre le tout à son matelot.

— Dépêchez-vous de faire partir les dauphins ! le commanda-t-il.

Misérable, le dresseur rampa pour quitter la dunette et exécuter ses derniers ordres.

Quelques secondes plus tard, Don Vincento aperçut ses messagers qui s’éloignaient en direction d’Ecén, les Reflets attachés au bec. Puis, dans une imprévisible et incroyable bourrasque, le Perudo et tout son équipage sombrèrent dans la mer de Go.

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Portrait de Anonyme
Portrait de Philippa Chevallier
Je n’arrive pas à me projeter dans l’univers mais ton style est fluide et dynamique et tes lecteurs apprécieront
En plus tu as un bon équilibre de s’escrimer d’action et c’est appréciable
Portrait de FeliciaMarlove
Un premier chapitre qui donne vraiment envie de continuer la lecture, c'est bien écrit
Portrait de Lilie Bagage
Merci ! :-)