Prologue | 404factory

Prologue


Elle était assise sur son canapé, vide d’émotions, attentive à tous les détails apparaissant à la télévision. Son salon, sobre, pauvre, presque lugubre, ne donnait pas envie de s’y aventurer. L’écran du téléviseur diffusait une lumière blanche aveuglante dans l’obscurité, éclairant faiblement la pièce et le visage blessé de la femme. Ses yeux de couleur bleu clair fixaient l’écran passivement. Elle semblait porter un simple jean et un tee-shirt en mauvais état. Elle conservait dans sa main un livre qui avait pour titre : « L’ADN, un jeu ». Une odeur de renfermé flottait dans la salle, ce genre d’odeur de vieille cave abandonnée depuis une décennie. Mise à part les grésillements de la télévision, rien, pas un bruit. Soudain, le « coucou » de l’horloge fit sonner les vingt heures. A cet instant, la femme saisit la télécommande. Un présentateur télé apparut et commença à présenter les nouvelles. Il semblait mal à l’aise, pressé, angoissé. Il annonça : « En direct sur Flash Info ! Aujourd’hui, le monde ne sera plus jamais le même. Notre gouverneur a été assassiné ». A l’écran, une photo d’un homme âgé, avec l’air sûr de lui, presque hautain, apparut, en noir et blanc. Le présentateur continuait : « Ce coup d’état a été fomenté par la section d’élite de la Milice. L’instigateur de cet attentat n’est autre que Spoko, qui a revendiqué cet acte terroriste pour s’emparer du pouvoir. Voici les premières images ». A ces mots, plusieurs photos défilent sur l’écran, dont celle du dénommé « Spoko ». Grand, aux cheveux de jais, des yeux noirs perçants qui affichaient un calme désarmant. Une détermination sans limite se lisait sur son visage, peut-être même une sorte de folie inhibée. Puis, des images d’une caméra de vidéosurveillance apparurent à l’écran : on y voyait un couloir riche en décoration, aux murs blancs, modernes, provenant manifestement de la demeure du gouverneur décédé. Spoko se tenait dos à la caméra, approchant l’homme, tel un prédateur prêt à se jeter sur sa proie. Le gouverneur acculé, assis sur le sol, marchait à reculons, suppliant Spoko d’épargner sa vie. Un instant plus tard, l’usurpateur visa la tête du vieil homme avec une arme à feu et tira. Du sang gicla et se répandit autour du corps sans vie de la victime, son regard terne fixant Spoko. La télévision afficha de nouvelles images. Des habitants sortaient de chez eux dans les rues, fuyant, hurlant de panique. Là-bas dehors, c’était le chaos. Des mères apeurées tenaient leurs enfants en pleurs dans les bras. Des hommes poussaient les plus vieux, et ces derniers tombaient épuisés, disparaissant dans les mouvements de la foule. Des militaires aidaient les citoyens à fuir les grandes villes vers les campagnes.

Une résistance se formait et emmenait le peuple loin du quartier principal, où déjà des soldats étaient envoyés pour rétablir l’ordre. Des maisons brûlaient, les petits commerces étaient mis à sac et ceux qui se faisaient prendre en train de s’échapper étaient abattus sur le coup. La résistance ne tiendrait pas longtemps, Spoko saurait s’en assurer.

A ces images, la femme se leva d’un bond de son canapé et sortit de son appartement. Elle avançait en silence dans le noir, comme une ombre. Elle regarda alors l’extérieur, et ce qu’elle vit la figea de terreur : au loin, de la fumée, des cris et des coups de feu qui résonnaient dans la nuit. Ce qu’elle avait vu un instant auparavant à la télévision était devenu réalité. Elle leva la tête en direction du ciel, comme si elle attendait qu’un miracle se produise et arrête ce massacre. Mais au fond d’elle, elle savait que plus rien ne serait comme avant.

*

Spoko avançait sur le toit de l’immeuble le plus haut du quartier principal. Il observait le spectacle terrifiant qui s’offrait à sa vue, parcourait des yeux les rues jonchées de cadavres, se délectait des hurlements et du feu qui dévorait les habitations. A l’horizon, plus d’agitation, seulement quelques cris et pleurs qui brisaient le silence pesant de la destruction. La fin du monde venait d’enclencher un compte à rebours : ce n’était qu’une question de temps avant que tous ne soient asservis. Et Spoko, lui, souriait. L’heure de la vengeance avait sonné.

Envie de faire une pause,
ou d’être averti des updates ?

Encourage l’auteur en lui laissant un like ou un commentaire !

Portrait de Anonyme
Portrait de Lise Méaude
Très prenant ! Atmosphère inquiétante, personnages intriguants, tous les éléments pour une bonne histoire post-apocalyptique !
Portrait de Mallory Gombault
merci beaucoup :)
Portrait de Héloïse Devaux
J'ai beaucoup apprécié le prologue. Histoire avec beaucoup de potentiel !
Portrait de Mallory Gombault
Merci pour ton retour !
Portrait de Louan
Prologue très réussi, on voit bien la mise en place de tout un univers...et ça donne envie de lire la suite !
Portrait de Mallory Gombault
Merci, j'apprécie beaucoup ton retour !
Portrait de Ameline Faure
Histoire déjà très prenante, avec une tension narrative qui s'installe dès le début et qui donne envie de continuer ! J'attends la suite avec impatience !
Portrait de Mallory Gombault
Merci beaucoup !
Portrait de Tyssandier Arthur
J’ai beaucoup aimé! Le prologue donne vraiment envi de continuer !
Je suis très pressé de lire la suite !
Portrait de Mallory Gombault
Merci ! La suite arrive prochainement !