Les fantômes de Citadelle

Chapitre 1

Sao faisait pour une fois preuve du plus grand sérieux. Ses yeux noirs, légèrement bridés, fixaient avec intensité les miens. Soutenir un tel regard avait quelque chose d’embarrassant, si bien que rapidement la misère alentour me parut un décor fascinant. Il semblait déçu de mon hésitation silencieuse ; 

“N’est-ce pas ce que tu as toujours désiré ?”

Il avait perdu son accent des bas-fonds, mis de côté son attitude de vandale de la Maraude, et si ses vêtements ne portaient pas les marques d’une vie dans l’illégalité permanente, on pût aisément le confondre avec un Citadin exemplaire. Je découvrais peu à peu un autre visage au caïd pour qui j’avais travaillé sans relâche ces cinq dernières années et cet inconnu me plaisait. Sa proposition inattendue était le rêve d’une vie, bien au-delà de tout ce que l’on pouvait imaginer mais impliquait de renier tout ce qui jusque là constituait mon existence. 

D’aussi loin que je me souvenais, j’avais consacré chaque jour à une lutte perpétuelle pour ma survie. Dans ce bidonville où s’amassaient presque un million d’âmes, entourant l’inaccessible Citadelle, dernier berceau de l’humanité dans un monde rendu hostile par trois apocalypses successives, trouver de quoi subsister quotidiennement était un défi de tous les instants. Les nourrissons naissaient déjà malades. Notre démographie déclinait subrepticement. Notre espérance de vie n’atteignait pas trente ans et diminuait un peu plus chaque année. Mon temps était compté. Il ne resterait plus rien, d’ici un siècle ou deux, de notre civilisation. Les plus chanceux voyaient leurs jours s’achever sous les coups d’une lame rivale. Les autres agonisaient lentement, les poumons encrassés par les particules nocives de l’air, la peau rongée par le Gris et les pluies acides, les yeux brûlés par les brumes toxiques, au milieu d’hallucinations provoquées par la drogue ou le venin de toutes les bêtes qui rôdaient dans la fange. L’issue demeurait toutefois la même ; nos cadavres s’amoncelaient dans les caniveaux, délestés de leurs maigres possessions avant d’être récupérés par les Charognards pour incinération. 

À la mort de mes parents, livrée à moi-même, j’avais déjà intégré les règles élémentaires de survie. Je rejoignis la Maraude, une organisation de contrebandiers à la morale et aux intentions floues. Ni bons, ni véritablement mauvais. Indirectement, par leur mode de fonctionnement, ils contribuaient à l’administration de cette jungle urbaine. 

J’avais pour mission de transférer des biens d’un point à un autre et ce n’était pas sans danger. Les agressions étaient nombreuses. L’une des règles le disait ; posséder, c’est s’exposer.

Sao m’avait remarquée alors que, pour survivre à une embuscade, je m’étais réfugiée dans un abri de son territoire. Me jugeant redevable pour l’hébergement, il me proposa l’embauche dans son réseau rapproché. Je n’avais pas hésité longtemps à délaisser mon statut d’indépendante pour rejoindre sa clique ; son importance au sein de la Maraude n’était pas négligeable et cela me garantissait une certaine sécurité. 

Cinq ans durant, je l’avais suivi, j’avais appris à ses côtés à hisser la survie au rang d’art. Bien sûr, nous n’échapperions pas à la maladie, la Mort ne nous octroierait nulle faveur et nos corps gris finiraient à leur tour pillés dans un caniveau, mais nous aurions connu un certain confort pendant les quelques années que nous réussirions ainsi à glâner. 

J’en avais appris un peu plus sur la vie à Citadelle, cette forteresse impénétrable et mystérieuse autour de laquelle notre société s’articulait. Là-bas, nul ne manquait de rien. La nourriture était abondante, la technologie fonctionnelle. L’air était filtré, respirable. Le Gris ne sévissait pas. Sao se plaisait à raconter qu’il n’y avait pas de nuages toxiques, qu’on y voyait la vraie couleur du ciel. Que le Soleil n’était pas un mythe et que l’espérance de vie y atteignait aisément le triple de la nôtre. Les Citadins, une vingtaine de milliers d’individus, y vivaient heureux. Je ne saisissais que vaguement le sens de ce concept mais suffisamment pour que l’envie naquît en moi d’intégrer cette société élitiste. Je savais que ce serait compliqué, voire inaccessible. Nous étions, à leurs yeux, de la Vermine - c’est ainsi qu’ils nous appelaient - et rien de bon ne pourrait jamais provenir de nous. Nous portions la Mort. Ils nous envoyaient leurs troupes armées pour nous convaincre que nous n’étions rien et nous dissuader de toute entreprise. Ils se servaient de la Maraude pour maintenir un certain ordre parmi nous, administrer notre misère en échange de quelques privilèges pour les plus méritants. Sao démentait formellement la présence de Citadins en notre sein mais demeurait bien trop évasif pour être sincère lorsque j’appuyais mes questions. Le sujet le mettait mal à l’aise.  

J’avais fini par lui avouer mon désir de trouver un moyen d’entrer dans cette forteresse de métal et de verre. Il avait éclaté de rire, m’avait traitée d’idiote et informée qu’il me tuerait de ses propres mains si je songeais une seule seconde à quitter sa clique. Je n’avais pas pour autant abandonné mon rêve qui, avec le temps, s’était mû en obsession. 

Pourtant, aujourd’hui, il se tenait là, face à moi. Il prétendait m’avoir trouvé un travail auprès d’un Citadin important après avoir fait jouer ses contacts pour m’obtenir cette opportunité. Être mise ainsi au pied du mur sans délai de réflexion raisonnable était déstabilisant. Je savais ce que je quittais, j’ignorais tout de ce qui m’attendait. Je n’oubliais pas non plus que j’avais face à moi un voyou dangereux et sans parole. Sa proposition trop belle pour être vraie cachait forcément quelque chose. La véritable question était “dans quelle mesure ?” mais seule l’expérimentation m’apporterait une réponse.

J’avais passé  des années à fantasmer un univers inaccessible. À présent que ses portes s’ouvraient à moi, je craignais de les franchir. 

Sao détourna son regard ; le bruit familier d’une carriole de Charognards avait attiré son attention. Nous les observâmes en silence ramasser dans le caniveau, désensibilisés par l’habitude, les corps immobiles et gris de ceux que la mort avait délivrés de leurs souffrances. Ils étaient dissimulés derrière des combinaisons hermétiques, portaient des masques respiratoires. Personne ne savait réellement d’où ils venaient, ni leur nature. Des Citadins ? Des Vermines privilégiées ? Les Maraudeurs les fuyaient comme la peste et ne voulaient rien en dire. Ils semblaient en avoir peur. Je ne savais rien d’eux. J’avais tenté, un jour, de les suivre, cherchant l’endroit où l’on détruisait les corps. Cela s’était soldé par une course-poursuite avec la milice et mon abandon forcé. 

 Cette vision me redonna suffisamment de courage pour relever la tête. Je ne voulais pas finir ainsi. Je voulais une chance de vivre - peu importait le prix. 

“J’accepte.”

Sao hocha la tête, satisfait malgré ma voix mal assurée, et m’invita à le suivre. Il m’entraîna ainsi derrière lui pendant plus d’une heure dans le bidonville et sa destination parut vite évidente ; la porte de Citadelle. Il ne perdait pas de temps, marchait d’un pas pressé, traversait les diverses passerelles et terrasses de tôle avec l’agilité d’un félin, parfois difficile à suivre. Mon bras agrippa le sien pour le ralentir alors que nous approchions de la dernière ligne droite ; 

“On y va comme ça ? Je veux dire, mes fringues sont dégueulasses…”

C’était idiot, futile peut-être, mais je tenais à faire bonne impression malgré ma caste honteuse. Mon guide s’arrêta pour me jauger quelques secondes puis reprit sa marche rapide, dégageant vigoureusement son bras de mon étreinte : 

“Tu n’auras besoin de rien. On n’a pas beaucoup de temps. Nous avons intérêt à arriver avant que l’autre zouave ne change d’avis. Je leur ai dit d’où tu venais, ils savent à quoi s’attendre. De toutes façons, on va devoir passer à la décontamination : il n’en restera rien, de tes fringues. Tu auras droit à un bel uniforme tout neuf.»

Sao semblait sûr de lui. Citadelle ne représentait plus un grand mystère pour lui.  Il y avait ses habitudes. Cela m’intriguait. Son rapport avec la ville et ses habitants semblait complexe. Les quelques souvenirs de conversation que j’avais à ce sujet trahissaient un lourd passif, sans toutefois me donner la moindre précision. Là où une grande majorité d’entre nous rêvait de cet eldorado salvateur, lui ne semblait nourrir qu’une profonde rancoeur. 

"Et sinon ; pourquoi cet honneur ? 

— Tu as demandé.”

Il éludait ma question mais ce n’était pas le moment de protester. Lui aussi pouvait, à tout moment, changer d’avis. Quelqu'un, là-haut à Citadelle, qui ne me connaissait pas, avait décidé de me laisser ma chance, de me sauver de mon destin funeste de Vermine, pour me confier une tâche habituellement réservée aux Citadins. Ou alors, Sao me mentait et m’avait échangée comme esclave à des miliciens pour négocier sa liberté suite à quelques méfaits de son crû. Cette seconde hypothèse demeurait tout de même plus enviable qu’une lutte désespérée pour ma survie au sein du bidonville. Peut-être même n’étions-nous attendus par personne et souhaitait-il seulement de moi que je commette un crime qu’il ne me révélerait qu’au moment fatidique. 

Peu importait. Si les choses tournaient mal, je n’aurais rien à regretter. Sao, malgré sa nature, était tout ce qu’il me restait et son influence au sein de la Maraude me garantissait une certaine protection. Me le mettre à dos en refusant son offre eût été suicidaire. Morte pour morte, autant joindre l’intérêt à l’agréable.

La porte de Citadelle, plus exactement un bâtiment carré tout en béton, coincé entre deux murs métalliques d’une centaine de mètres de haut qui entouraient toute la ville, nous apparut enfin. Sao pressa le pas davantage encore et s’avança vers l’escouade d’hommes, de femmes et d’androïdes armés jusqu’aux dents qui la gardaient. Je sentais l’angoisse monter en-moi, et pourtant  - pour une fois - nous ne faisions rien d’illégal. Sao avait beau être une raclure de la pire espèce, il ne prenait jamais de risque démesuré et s’il s’avançait ainsi à découvert ce n’était pas par excès de zèle. Nul doute qu’il s’était procuré des laissez-passer à la Maraude. Il n’y avait rien à craindre et pourtant, plus nous approchions, plus je sentais les battements de mon coeur s’accélérer dans ma poitrine plate. Le tremblement de mes jambes dans mes haillons trop grands me donnait l’impression désagréable que mon corps pouvait me lâcher à tout moment et je me concentrais comme je pouvais pour conserver une respiration lente et régulière. J’avais cette impression que mon avenir était une vague aussi haute que le mur que nous nous apprêtions à traverser, qui se dressait devant moi prête à déferler toute puissante sur ma carcasse malade de Vermine. C’était la première fois que j’approchais si près. J’en avais le vertige. Jamais je ne m’étais sentie aussi petite et impuissante. 

Sao semblait complètement hermétique à mes émotions. Il présenta deux passes aux membres de l’escouade patibulaire qui, après avoir vérifié  plusieurs fois leur authenticité via l’arsenal de technologie dont ils disposaient, nous ouvrirent les portes du bâtiment avec tout le mépris dont un être humain est capable et nous aboyèrent d’avancer. 

Nous étions seuls à entrer. Ce passage ne devait pas servir souvent pour le commun des mortels ; la Vermine comme moi n’était autorisée à pénétrer la ville que sur de rares requêtes internes et, si les Maraudeurs y avaient quelques privilèges, leur présence n’était pas mieux considérée. Ils ne s’y aventuraient que lorsque les affaires le nécessitaient réellement. Seuls les Miliciens faisaient des aller-retour quotidiens.

L’entrée était large et débouchait sur un grand hall vide, tout en béton. De grandes portes blindées sur les murs latéraux nécessitaient un accès spécial pour être franchies, à en croire les panonceaux associés. 

« Ca détecte la signature magnétique des bracelets miliciens, expliqua Sao. Quand bien même tu parviendrais à en voler un, vaut mieux pas t’aventurer à l’intérieur. Viens plutôt par là.»

Il me désigna un couloir de quatre mètres par deux dans lequel nous nous engageâmes. Au bout, une nouvelle salle, flanquée d’une demi-douzaine de portes identiques, cette fois-ci dénuées de tout dispositif. Seule une petite lampe verte dans un boitier carré était allumée au-dessus de chacune d’elles. Sao m’indiqua froidement celle du milieu ; 

« On y est. Passe par là. On se retrouve à la sortie. Ne me fais pas attendre.»

Il prit la porte d’à côté. Lorsqu’elle se fût refermée sur lui, la petite lampe verte s'éteignit. Une petite lampe rouge prit le relai.

Je finis par l’imiter, pour déboucher dans une pièce exigüe, carrelée du sol au plafond. Une trappe de ventilation en hauteur s’activa lorsque j’entrai,  aspirant l’air vers le haut. Aussitôt que la porte se fût refermée sur moi, je fus aspergée de divers produits et liquides chimiques avant qu’en face de moi, une autre porte s’ouvrît automatiquement sur une pièce légèrement plus grande.

Savoir lire le Citadin est l’une des premières règles de survie pour quiconque fréquente la Maraude, et malgré certaines lacunes je parvins tout de même à déchiffrer les instructions. Quelques pictogrammes illustratifs m’avaient aidée. Il y avait plusieurs étapes. 

D’abord, dans cette deuxième pièce, un panier sur un tapis roulant à l’arrêt attendait de recevoir mes frusques pour destruction. 

À mesure que je me déshabillais,  je ressentais l’impression croissante de me transformer en autre chose, de changer de peau comme le font les serpents.  Je me séparai de mes bottes avec appréhension, posant fébrilement mes pieds nus sur le carrelage. On ne trouvait pas aisément des chausses de cette qualité et il m’avait fallu trois missions périlleuses pour les obtenir en récompense. Elles avaient au moins deux siècles. Elles avaient survécu à la troisième apocalypse. 

Je passai la main devant le capteur cinétique une fois prête et le tapis roulant se mit en branle alors qu’une nouvelle porte s’ouvrait à moi. J’observai, hypnotisée, ce trou béant engloutir mes uniques possessions. Je perçus la lueur des flammes ardentes juste avant la fermeture de ces mâchoires de métal.  Il ne me restait désormais rien d’autre qu’un avenir incertain enrobé d’un espoir vacillant.

 Je m’immobilisai et fermai les yeux quelques secondes, inspirant profondément avant de me murmurer à moi-même ; «ne t’oublie jamais, quoi qu’il advienne. Ta vie t’appartient. Ne laisse pas les événements te dépasser.»

 J’avais un pressentiment étrange. Quelque chose dans cette histoire sonnait faux. Le genre de quelque chose qui vous donne le sentiment de vendre votre âme au diable. Citadelle représentait un véritable paradis pour moi ; pourquoi alors ne pouvais-je m'ôter de l'esprit cette impression de m'enfoncer dans les abysses infernales ? D'où me venait donc cette sensation d'être observée par la Mort elle-même ?

Je passai ensuite dans une troisième pièce, complètement nue, frissonnant du courant d’air généré par la mise en dépression du sas. La porte métallique se referma sitôt que je fus entrée et un bruit pneumatique témoigna de son verrouillage hermétique. Je fus soumise à des émissions de liquides et de gaz divers.

Le caractère désagréable de l’épreuve était connu de tous ceux qui avaient pris le temps de se renseigner sur l’unique moyen d’entrer à Citadelle. L’intensité de la douleur fut une surprise. J’eus l’impression d’être brûlée vive. Mes hurlements n’y changèrent rien. Il n’y avait personne pour m’entendre et mettre fin à mon supplice. Aucun bouton ne permettait d’interrompre le processus. Les capteurs cinétiques semblaient inactifs durant l’opération. Je n’avais d’autre choix qu’endurer la souffrance, bien pire que tout ce que les fléaux du bidonville réunis m’avaient infligé jusque là. J’avais la gorge et les poumons en feu, les yeux irrités.  Lorsque le traitement de mon être recroquevillé et tremblotant s’acheva enfin, il me fallut plusieurs minutes pour cesser de convulser, de pleurer et de gémir. Les tâches de Gris sur ma peau étaient désormais rouges, sanguinolentes. De ma tignasse crasseuse et emmêlée, il ne restait plus que les racines, et quelques poignées de cheveux brûlés à même le sol. Mon corps tout entier me démangeait encore mais dégageait une odeur agréable, comme jamais auparavant je n’en avais senti. Un vent chaud et stérile soufflait sur moi pour me sécher, attisant la sensation de brûlure. Je me levai maladroitement. Une petite diode verte sur le capteur cinétique de sortie m’informait de sa remise en service.

J’atteignis la dernière pièce, complètement aseptisée. Aucune odeur, aucune trace, aucune Histoire. Plusieurs «uniformes» suspendus sur un portant étaient à ma disposition. Il ne s’agissait ni plus ni moins que d’un pantalon et d’un tee-shirt des plus simples, d’une couleur unie beige, bordés d’un liseré bleu en leurs extrémités. Il me fallut trois essais pour trouver ma taille. Les sous-vêtements n’étaient pas fournis. D’un regard vers mon entrejambe, je pus me rendre compte que tout comme mes cheveux, la majorité de mes poils avaient été brûlés ou dissous pendant le processus. Le contact du textile était rugueux et rapait ma peau meurtrie. En guise de chaussures, des sandales bricolées avec une semelle et trois lacets attendaient sur une petite étagère. Perplexe, je m’interrogeai :  le sol de Citadelle était-il si sain que l’on pouvait y marcher sans protections ? 

Une fois vêtue, je franchis l’ultime porte du sas pour retrouver Sao dans un nouveau couloir. 

Il me toisa d’un air agacé ;

“Tu as mis le temps.

— J’ai failli mourir ! 

— Plus tu es infectée, plus ça fait mal. Avance.”

Ses cheveux noirs et lisses ramenés vers l’arrière avaient mieux supporté le traitement que les miens, probablement plus habitués. Son uniforme lui donnait l’air sage, minimisait sa carrure. Il sentait bon. Je n’avais jamais vu de Citadin mais il s’approchait de l’idée que je m’en faisais. Seules les profondes cicatrices sur ses bras musclés le rattachaient encore à nos origines.

Il reprit sa marche et, enfin, nous franchîmes la dernière porte qui nous séparait de Citadelle. 

La première chose qui me frappa une fois de l’autre côté  fut la couleur du ciel. 

Bleu.


Profond. Dégagé de ses nuages bas épais, gris ou verdâtres, orange parfois. Seuls quelques petits moutons blancs, discrets, traversaient le ciel poussés par une légère brise. L’air était pur, agréable à respirer. Les rayons d’un Soleil probablement caché derrière les flèches des gratte-ciel alentour venaient lécher la peau meurtrie de mes bras réveillant la sensation de brûlure sur mes plaies mais réchauffant mon corps grelottant. 

Sao sembla s’amuser de mon émerveillement ;

«Plutôt réussi comme illusion, n’est-ce pas ? Ils appellent ça le Dôme. Ça leur permet d’oublier que le monde est en train de crever. Que le Bidonville existe. Pas de pluie acide. Pas de brume tueuse. Pas de gaz crache-poumon. Tu seras bien ici.»

Il reprit sa marche d’un pas décidé et je le suivis, perplexe. Autour de nous, des Citadins allaient et venaient. Tous étaient vêtus légèrement, de couleurs chatoyantes. Leurs hauts n’avaient pas de manches, leurs bas laissaient parfois entrevoir leurs jambes et leurs chaussures étaient pour la plupart à peine fermées sur le devant.  Nous étions les seuls à porter ce que Sao nommait un «uniforme». Les regards méprisants des uns et l’ignorance feinte des autres à notre égard ne laissaient aucun doute. Nos vêtements trahissaient notre condition, affichaient ostensiblement notre différence. 

A mesure que nous avancions, les bâtiments devenaient de plus en plus hauts, et fourmillaient de plus en plus d’activité. La grande majorité des façades était en verre, hélas, les reflets y étaient trop nombreux pour permettre de voir au travers. Les rues n’étaient pas bien larges au niveau du sol, mais les gratte-ciel s’affinant vers leurs sommets, les véhicules trouvaient dans les airs tout l’espace nécessaire pour se croiser. C’était donc ainsi qu’ils fonctionnaient, avant de finir leurs jours dans le Bidonville, convertis en abris de fortune pour quelques rares chanceux. Leur carrosserie était réputée pour sa capacité d’isolation et les habitacles les mieux conservés pouvaient continuer à filtrer l’air plusieurs années après leur mise à terre. Chaque véhicule qui arrivait ainsi donnait généralement lieu à une véritable guerre de territoires entre Maraudeurs pour se l’approprier. Sao en possédait deux, gardés en permanence par son loyal acolyte, un grand amas de muscles qui répondait au nom de Beijing. Par deux fois, j’avais eu l’honneur d’y passer une nuit - les deux seules confortables nuits de mon existence. Les véhicules étaient tous identiques dans le volume, seules les couleurs variaient ; des cubes de métal au pare-brise teinté flanqués de quatre hélices latérales dont le cône luminescent indiquait l’usage d’une technologie anti-gravité. Contrairement à toutes les machines que j’avais pu voir fonctionner au sein du bidonville, ces engins ne dégageaient aucun polluant.

Je ne pouvais quitter des yeux ce fascinant ballet aérien, découvrant enfin la réponse à une question ressassée des années durant. Ils. Volaient. Dans le ciel. Bleu. Factice.

Un choc frontal m’arrêta net. Je venais de percuter Sao qui me repoussa violemment, plus par instinct que par intention. Déséquilibrée, je tombai en arrière, sur le macadam tiède. Il ne parut pas désolé un seul instant, m’invectivant sèchement ;

«Fais un peu attention.» 

En me relevant, je croisai mon propre regard dans une vitre. Mon image s’y reflétait fade et distordue mais tout de même suffisamment pour me donner un aperçu de ma débâcle capillaire. Je décidai de voir le bon côté des choses ; aucune bestiole n’avait survécu. 

Le décor était plus monotone que dans mon imagination. Les bâtiments se ressemblaient beaucoup les uns les autres. Certains étaient reliés entre eux par des passerelles en plexiglas. À quoi ressemblait la vie de ces êtres qui allaient et venaient au-dessus de nous ou parmi lesquels nous avancions ?

«On est arrivés.»

Je m’arrêtai et regardai Sao quelques instants, puis l’une des vitres du bâtiment en face de nous, de prime abord similaire à toutes les autres. En y regardant mieux, j’y distinguai un dispositif étrange, comme je n’en avais encore jamais vu, pas même sur les étals clandestins de la Maraude. La paroi était striée de millions de rayures minusculement fines, et lorsque ma curiosité me poussa à en approcher ma main, j’eus la même sensation qu’en passant la paume au-dessus d’une flamme avant qu’elle ne commence à vous mordre. 

«On te voit de l’autre côté, grommela Sao. C’est pas le moment de te faire remarquer. Bas les pattes et recule. 

— Comment on entre ?

— On attend qu’ils viennent ouvrir. »

Sa réponse avait quelque chose de frustrant, narguait mon impatience. Mon imagination débordante m’envoyait une pléthore de visions de ce que nous trouverions à l'intérieur. Naturellement, la réalité fut tout autre. 

Une fois que la porte, coulissant verticalement, se fût ouverte sur un hall d’accueil au design minimaliste, l’accueil qu’on nous réserva fut des plus tendus. Sao s’avança le premier, droit, le torse légèrement bombé ; sa manière d’intimider et de forcer le respect. Il était grand, athlétique, charismatique, sa technique fonctionnait généralement assez bien. La femme qui se tenait en face de nous l’était tout autant. Il ne leur manquait que quelques centimètres à tous les deux pour me dépasser d’une bonne tête. 

Fascinée, pendant que Sao la gratifiait des salutations d’usage et négociait son pardon pour notre retard, je l’observai avec attention. Elle était magnifique. Sa peau d’une chaleureuse couleur chocolat était d’une pureté éclatante, vierge de toute tâche de Gris, de toute marque de coup, de toute cicatrice, piqûre ou morsure de bête. Ses longs cheveux crépus étaient élégamment arrangés par des bijoux précieux, frappés de symboles dont je ne parvenais à saisir le sens. Ses yeux, plus noirs et plus profonds encore que ceux de Sao, fixaient celui-ci avec un mélange de scepticisme et d’agacement. Face à son hostilité palpable, je reculai timidement d’un pas. Nous n’étions pas désirés. Elle nous recevait parce qu’elle y était obligée. D’un regard assassin, elle brisa mon enthousiasme. 

Ces quelques kilomètres parcourus au sein de Citadelle avaient lentement contribué à me faire oublier d’où je venais, le calvaire perpétuel dont j’essayais de m’évader.  J’avais cessé de penser, m’étais laissée prendre au jeu de la découverte. D’un regard, d’un haussement de sourcil, d’un reniflement dédaigneux, sans un mot, cette femme en face de moi m’avait renvoyé la réalité en pleine face. Je me surpris à me rapprocher de Sao. Physiquement, c’était imperceptible, mais mentalement, j’étais déjà accrochée à son bras, le suppliant de nous en aller, de trouver autre chose.  

«Elle est malade, ta Vermine.»

Sa voix rauque, sensuelle, avait éclaté dans la pièce avec majesté. Sao ricana et répondit avec défi et arrogance ;

«Ouais. Pas loin de crever, comme tout ce que vous laissez pourrir hors de vos murs. Mais celle-ci, vous allez me la soigner. Et tu sais pourquoi, Armeny ? Parce que c’est Mademoiselle en personne qui me l’a commandée. »

J’eus un instant de surprise. Quelqu’un m’avait commandée. Comme un Charognard commande une carriole neuve. Je ne m’étais jamais fait d’illusions sur la considération de Sao à mon égard. Pourtant, j’avais eu l’impression ces derniers jours que son comportement envers moi avait changé. Il s’était montré plus protecteur, plus patient - presque attentionné, toutes proportions gardées. Je ne représentais ni plus ni moins qu’une marchandise à ses yeux - mais une marchandise à qui on accorderait des soins. Était-il réellement incapable de la moindre affection ou le cachait-il seulement trop bien ?

«Et comment elle s’appelle, ta Vermine ?»

Je relevai la tête. Spontanément, coupant la parole de Sao qui s’apprêtait à répondre, je déclarai, avec un regain d’assurance qui me surprit moi-même ;

«Lille. Je m’appelle Lille.»

Armeny marqua quelques secondes de surprise alors que Sao me foudroyait du regard. Je m’en fichais. Mon instinct de survie avait repris le dessus. Je n’avais rien contre ceux qui se donnaient la peine d’arranger mon avenir, quand bien même c’était pour leur intérêt propre. En revanche, je mettais un point d’honneur à garder un certain contrôle sur la situation. 

«Il y a des règles… reprocha Armeny à Sao, le tenant vraisemblablement pour responsable de mon intervention impromptue.

— Allons, se défendit-il, je suis persuadé que Mademoiselle trouvera tout le temps nécessaire à les lui enseigner. Trêve de bavardage, n’oublie pas ton rang. N’oublie pas qui m’envoie. 

— Tes menaces ne m’effraient pas, paria. N’oublie pas, toi non plus, ce que nous sommes.»

Nerveusement, Sao lança un regard vers le ciel à l’extérieur, sans parvenir à le voir, victime des lois de la perspective. Il n’était pas aussi tranquille qu’il voulait bien le faire croire. Quelque chose en Armeny le mettait mal à l’aise, sans que je pus comprendre quoi. Laisser entrapercevoir sa nervosité ne lui ressemblait pas. Coupant court, il se tourna vers moi ;

«On se sépare ici. Armeny va s’occuper de ton intégration.»

Un sentiment étrange m’envahit. Cette fois, mû par un réflexe défensif, mon bras attrapa le sien pour du vrai. La séparation me faisait peur. J’avais une boule au ventre, le coeur serré. Il ne mettrait pas longtemps à m'oublier. Il regagnerait ses quartiers à la Maraude et,  à l’image du reste du monde, me remplacerait aisément, poursuivrait son existence comme si je n’avais jamais existé. 

«Qu’est-ce que tu fais, Lille ? Siffla t-il à mi-voix, agacé mais ne souhaitant pas faire d’esclandre devant Armeny.

— Je… ne sais pas… bredouillai-je. Pardon.»

Je le lâchai. Pourtant, j’avais soudainement envie de l’attraper, de le retenir contre moi pour l’empêcher de s’en aller. La pensée qu’il pût m'oublier alors que ma mémoire porterait son souvenir à tout jamais me retournait l’estomac. C’était injuste. Blessant. Il était tout mon monde, je faisais à peine partie du sien. Je m’en voulais à moi-même d’avoir magistralement failli à la deuxième règle de survie au sein du Bidonville ; pas d'attache. Sous le regard incrédule de la Citadine en face de moi et du Maraudeur à mes côtés, des larmes se mirent à couler de mes yeux  aussi clairs que les leurs étaient sombres. Je peinais à contenir ma frustration. Je les haïssais, eux et tout ce qui m’entourait, d’être si fascinants et merveilleux alors qu’ils n’aspiraient tous qu’à se débarrasser de moi. Animée par une rancoeur soudaine, je grognai ;

« Je suis venue travailler. Je me fiche de votre jugement. Va t-en donc, Sao, oublie-moi donc ! Et vous...«Armeny», c’est ça ? Faites ce que vous avez à faire. Vous n’avez de toute évidence pas le choix, sinon vous m’auriez déjà expédiée en charogne. »

Sao réagit au quart de tour, devançant la Citadine. Il m’empoigna fermement par l’arrière de la nuque, s’excusa quelques instants auprès d’une Armeny trop stupéfaite pour protester et m’entraîna vigoureusement dehors. Le contact avec le sol fut douloureux. 

«C’est quoi ton problème ?! Hurla t-il, hors de lui. Tu sais combien tueraient pour être à ta place !? Combien sont morts pour que tu y sois ?! Combien de temps il m’a fallu pour les convaincre de te laisser une chance ? De me faire confiance ? C’est comme ça que tu me remercies ? En m’affichant ?! »

Il enchaînait les réprimandes sans me laisser le temps d’en placer une. 

«C’est quoi ton problème ? répéta t-il plus calmement.»

Honteuse, je fixai le sol. Ce genre de caprice ne me ressemblait pas. Au contraire, j’étais réputée pour ma résilience. Impuissante, incapable de formuler une réponse satisfaisante, je me contentais de hausser les épaules. Il siffla, excédé ; 

«C’est pas parce qu’ici tout est plus joli que le monde va mieux. L’humanité est en train de crever, c’est partout pareil. Les règles de survie sont les mêmes. Voire plus draconiennes encore. Tout un protocole ! Tu te vexes parce que j’y trouve mon compte ? À quoi tu t’attendais ?

— À rien… je connais les règles. 

— Alors applique-les. 

— J’essaie, mais…

— Pas de «mais».»

Je relevai la tête vers lui, son regard implacable braqué sur moi. 

« Qu’est-ce que ça peut bien te faire, de toutes façons ? Demandai-je. Que je vive ou que je crève, tu as eu ce que tu voulais..c’était quoi d’ailleurs ? »

Il plissa les yeux, me fixa encore quelques secondes comme s’il cherchait à sonder mon âme pour finalement soupirer, vraisemblablement déçu ;

«Démerde-toi.»

Il me passa au-dessus et, coupant le cercle de Citadins éberlués qui s’était formé autour de nous, disparut au premier coin de rue sans plus de formalités. Je me relevais avec peine, alors que l’attroupement se dispersait, indifférent à ma détresse. J’étais envahie d’un profond sentiment de gâchis. De tristesse. L’avenir radieux qu’on m’avait vendu me parut soudain bien fade ; je réalisai péniblement que sans lui, les choses perdaient traîtrement en saveur. 

La porte par laquelle nous étions sortis s’ouvrit à nouveau. 

«Tu es calmée ?»

Le ton d’Armeny était étonnamment neutre, dénué de toute provocation. Elle semblait faire un effort pour me paraître agréable. Une forme de pitié se lisait dans ses yeux de ténèbres. Je hochai timidement la tête, fatiguée. Elle s’écarta froidement pour me laisser entrer. Livrée à moi-même sans alternative séduisante et nulle part où aller, je m’exécutai. 

«Qu’est-ce qu’il t’a dit à notre sujet ? Sais-tu pourquoi tu es ici ?»

Surprise par la question, je répondis évasivement ;

«Sao dit beaucoup de choses… de mensonges. Il y a quelques temps, je lui ai demandé si les rumeurs sur la Maraude étaient fondées, s’il y avait bien dans ses rangs ou à sa tête des Citadins infiltrés pour tenir la Vermine. Il m’a répondu qu’il y avait effectivement une connivence entre les deux, que des Citadins coopéraient parfois mais qu’ils ne faisaient pas à proprement parler partie de la Maraude. Alors… je lui ai demandé s’il connaissait des Citadins, s’il avait besoin de moi pour «faire des courses» à Citadelle. Je ne veux pas finir dans un caniveau parce que je suis née du mauvais côté du Rempart. Je lui ai dit que s’il avait quelque chose pour moi, un travail, aussi ingrat fut-il, j’étais prête à le prendre. Ce matin, alors que je lui rapportais une marchandise qu’il m’avait commandée, il m’a proposé un travail. Il m’a dit qu’il connaissait quelqu'un, à Citadelle, de très important, qui cherchait une employée de maison. Que c’était le mieux qu’une Vermine puisse espérer et que… cette personne avait accepté de me laisser ma chance malgré la candidature d’une dizaine de Citadins.»

Je devinai au rictus moqueur d’Armeny que j’avais eu raison de me méfier. La version donnée par Sao l’amusait. Elle ne démentit pas, n’affirma rien.  Elle m’enjoignit à m’asseoir sur un canapé en parfait état, confortable, revêtu d’une matière blanche que je ne parvins pas à définir. Dehors, la lumière du jour commençait lentement à décliner. A quoi ressemble le ciel lorsqu’il s’éteint ? Les nuages toxiques ne m’avaient jamais encore laissé l’opportunité d’assister à ce spectacle, aujourd’hui, c’était la perspective qui retardait ma découverte. De mon siège, l’extérieur se limitait aux pieds des autres gratte-ciel et aux rues désertes qui nous en séparaient. Dedans, une douce lumière tamisée baignait la pièce, émise par des lampes intégrées au plafond. Ce dernier avait une texture marbrée comme je n’en avais encore jamais vue. Un bureau d’accueil tout en verre se tenait en face de nous, de derrière lequel un androïde était en veille. A la différence des machines de guerre de la milice, celui-ci était de taille humaine, de corpulence moyenne, et ne comportait aucun équipement de destruction intégré à ses bras. Il avait, comme nous, des mains à cinq doigts. La seule véritable différence, c’était le boîtier métallique qui composait l’arrière de son crâne. Le reste était une merveille de réalisme.

 La blancheur du mobilier contrastait élégamment avec le carrelage noir. Au fond, un tube de verre, ouvert à sa base, traversait l’étage, d’une circonférence assez grande pour y tenir huit personnes debout. Cela m’intriguait. Ça et l’étrange chose verte à côté, dans un pot rempli de fausse terre, unique touche de couleur dans cet univers en noir et blanc. Je n’osais pas interroger Armeny, je ne voulais pas prendre le risque d’être jetée dehors. Sao ne serait pas là pour me guider, errer seule en terre inconnue était du suicide. Connais ton terrain. 

Elle coupa court à mes questions ;

«Partons sur la version qu’il t’a donnée. Tu découvriras et comprendras le reste au moment venu. La priorité c’est te soigner. Nous servons la même personne, mais elle ne te recevra pas dans cet état. Il y a des règles ici, tant que tu ne les connais pas, je serai obligée de te restreindre l’accès à un seul étage. Tu seras bien traitée, tu ne manqueras de rien. Mais ça va te demander un peu d’effort.

— Ça ne me fait pas peur.»

Armeny haussa un sourcil. Elle répliqua froidement ;

«La première règle à respecter, lorsqu’on est une Vermine, c’est de ne jamais parler sans autorisation.»

Consciencieusement, en gage de bonne foi, je m’abstins de répondre. La Citadine parut satisfaite. Elle avança devant elle son avant bras, pressa la pierre bleue d’un énorme bracelet d’or qui, à y mieux regarder, semblait couplé d’une technologie qui m’échappait. Jamais sur les étals de la Maraude je n’avais vu de pièces aussi sophistiquées. C’était fin, presque organique. 

«Je dois faire un dossier sur toi. Je vais te poser des questions, et tu vas y répondre en articulant clairement.»

J'acquiesçai d’un hochement de tête. Le dispositif réagissait au son de nos voix, la lumière bleue de la gemme vibrait selon nos intonations. Armeny ne prenait pas de notes ; d’une façon ou d’une autre, probablement, ce dispositif enregistrait-il notre échange. Après avoir dû décliner mon nom et des banalités sur mes origines, les questions se firent plus personnelles. Je m’entendis pourtant y répondre, sans la moindre hésitation, hypnotisée par cette lueur dansante et la voix suave de mon interlocutrice. Oui, j’avais déjà tué quelqu'un. Oui, pour piller son cadavre. Oui, j’avais déjà tenté de suivre un Charognard. Non, je ne savais rien d’autre sur eux que ce qu’ils nous laissaient en voir. 

«Ce que je sais des apocalypses...»

Je marquai un silence, essayant de rassembler mes souvenirs. Focalisée sur la lumière, je peinais à préciser ma pensée, à formuler une réflexion cohérente. Armeny augmenta la puissance lumineuse. Les mots finirent, comme les précédents, par sortir tous seuls.

«La première a été causée par les humains, par des bombes primitives envoyées au mauvais endroit au mauvais moment, irradiant une grande partie de la Terre. L’humanité a failli être décimée, mais quelques millions d’individus ont survécu…»

Silencieuse, la Citadine analysait les vibrations de la gemme, comme si ce langage lumineux revêtait quelque signification à ses yeux. Son visage n’affichait aucune émotion. Je poursuivis ;

«Les deux suivantes sont dues à des astéroïdes. La dernière remonte à quoi, trois siècles ? Ne laissant plus que quelques centaines de milliers d’êtres humains en vie, qui se sont rassemblés ici pour former Citadelle.»

Armeny plissa les yeux et déporta son regard sur moi ;

«Tu ne dis pas tout.

— Vous voulez un dossier médical. Pourquoi ces questions ? Ça n’a aucun rapport. 

— Réponds.

— De la troisième apocalypse est né le Gris. Il a été créé par la famille royale pour réguler la Vermine et conserver l’ascendant. On raconte que les Charognards récoltent les souches pour les propager ensuite. C’est ce que disent les Maraudeurs. Mais vous savez cela. Pourquoi demander ?»

Armeny esquissa un geste, la gemme s’éteignit. Elle se leva, m’invita à la suivre vers le tube de verre. 

« Tu as besoin d’éducation. Je voulais savoir à quel point. Je t’enseignerai demain, avec les autres.»

Ignorant ma moue dubitative, elle pénétra dans le tube et m’invita à faire de même. Sur le verre, des images apparurent et s’animèrent, réagissant aux interactions d’Armeny avec son bracelet. La plateforme sur laquelle nous nous trouvions s’enfonça vers les sous-sols, pour s’arrêter trois étages en-dessous. Sans un mot, la Citadine m’entraîna dans un dédale de couloirs en béton, loin du faste de la surface. C’était propre, sain, un système de ventilation performant s’assurait de fournir en permanence de l’air frais, pur, légèrement parfumé. Elle s’arrêta devant une porte de métal noir, activa de nouvelles fonctions sur son bracelet, ouvrit et entra. Il y avait là un lit, quelques rangements, un petit bureau minimaliste assorti à un siège placé devant. 

«Ta chambre.»

Je peinais à en croire mes yeux. Esthétiquement, ça ne payait pas de mine. En termes de confort, cela dépassait largement toutes les attentes qu’une Vermine de mon genre pût imaginer. C’était pour moi. Un endroit protégé, confortable, sain. 

«Les sanitaires sont au bout du couloir.»

Armeny me tendit alors une bague, sertie d’une pierre rouge, que j’acceptai avec des yeux écarquillés de surprise.

«Pour circuler. Tu n’auras pas accès à grand chose pour le moment, mais si tu fais ce que l’on attend de toi, et que tu le fais bien, tes droits seront plus étendus. En attendant, cet étage suffira. Le dîner sera servi dans une heure, l’occasion pour toi de rencontrer tes congénères. Troisième couloir à droite. Bonne soirée.»

Elle s’éclipsa sans rien ajouter, sans réellement me laisser le temps de répondre quoi que ce fût. La porte se referma sur elle, automatiquement. Résistant à l’appel du lit qui s’offrait à moi, mûe par la curiosité, je décidai de mettre à l’épreuve mon nouveau jouet. La pierre rouge servait d’enveloppe à un curieux dispositif. A l’instar de la porte d’entrée du gratte-ciel, elle était parcourue d’une multitude de fines rainures. Une source d’énergie miniature pulsait en son sein. La bague était un peu grande pour mes doigts osseux, seul mon pouce pouvait l’enfiler sans qu’elle ne glissât ensuite.  Je relevai la tête, avançai vers la sortie, prête à explorer cet inconnu qui s’offrait à moi.



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Portrait de Anonyme
Portrait de Fabrice Claude
Hello!
J'ai lu en diagonale les autres commentaires avec lesquels je suis plutôt d'accord donc je vais éviter de redonder. :-)
L'ambiance déjà, j'aime beaucoup. Dès le départ je trouve que tu nous plonge bien dans ton univers. C'est bien sombre, j'adore. :-)
Ensuite à mon avis certaines phrases sont vraiment trop longues. Je m'y perd un peu mais malgré tout je ne peux pas dire qu'elles sont mal construites, c'est paradoxal, je sais. :-)
Ton histoire a vraiment du potentiel. Je lirai la suite. :-)
Portrait de JuneZero
Merciii :) :)

Pour les phrases longues, ouais... j'aime un peu trop ça. J'en changerai forcément quelques unes en travaillant mon champ lexical, j'essaierai de reduire x)

Portrait de Camille Rodriguez
J'ai écrit un looong commentaire AVANT de lire avec plus d'attention ceux des autres et surtout tes réponses, dans lesquelles je peux voir que tu es déjà bien consciente des défauts de ton récit (que tu exposes et expliques beaucoup mieux que moi, en plus ^^). Mais bon, je te laisse quand même mon commentaire tel quel, juste pour le plaisir d'user les yeux des gens. XD

Et, gardant en tête que ceci est un premier jet et pour citer Achayre, je suis persuadée que tes capacités rédactionnelles te permettront de proposer une version finalisée qui aura gommé la grande majorité des défauts, maladresses ou autres incohérences qui peuvent parsemer ton récit.

Voici ce que j'ai pu relever :

Au début de ton récit, je crois comprendre que la Citadelle est vraiment impénétrable, qu'en aucune occasion la Vermine peut y accéder. Finalement, on découvre que Sao (et plus généralement la Maraude ?) y fait de (fréquents ?) aller-retours, et la façon dont il y pénètre avec Lille est vraiment facile. J'aurais vu une entrée plus clandestine.

J'ai trouvé le passage de la décontamination un peu long. Certes, il est important d'installer cette ambiance post-apocalyptique avec des éléments comme l'équipement et l'apparence d'un Maraudeur, mais peut-être devrais-tu travailler à les intégrer d'une façon plus efficace à ton récit.
Par exemple, tu pourrais profiter d'un passage comme celui-ci : « Il m’entraîna ainsi derrière lui pendant plus d’une heure dans le bidonville » pour glisser des éléments de descriptions en mode « déambulation dans la ville ». ça éviterait aussi de tout condenser dans de longs paragraphes descriptifs (je dis ça, mais je suis un peu spécialisée dans les descriptions à rallonge, ce qui m'a déjà été reproché d'ailleurs ^^)

Je n'ai pas réussi à me plonger vraiment dans la scène du « recadrage » de Lille par Sao, peut-être parce qu'il faudrait d'abord dévoiler plus d'éléments concernant leur relation ? (et oui, l'attitude de Lille fait très capricieuse)

Peut-être est-ce parce que je n'ai pas encore lu la suite, mais je trouve que tu mets trop à l'aise le personnage de Lille dans la Citadelle ; je trouve Armeny trop bienveillante. J'aurais plutôt imaginé Lille limite maltraitée, esclave voire prisonnière. En gros, traitée comme de la bouse.
Par exemple : «Je dois faire un dossier sur toi. Je vais te poser des questions, et tu vas y répondre en articulant clairement.» > Pourquoi lui expliquer ? C'est une Vermine, n'a-t-elle pas juste à obéir, sans savoir, ni comprendre ?

Enfin, il y a quelques éléments de descriptions peut-être un peu maladroits ou mal amenés.
De rares lourdeurs, exemple : « La porte de Citadelle, plus exactement un bâtiment carré tout en béton, coincé entre deux murs métalliques d’une centaine de mètres de haut qui entouraient toute la ville, nous apparut enfin. »
Quelques maladresses : « je sentais les battements de mon cœur s’accélérer dans ma poitrine plate. » > c'est pas forcément là que j'aurais intégré cet élément de description relatif au personnage
« J’avais cette impression que mon avenir était une vague aussi haute que le mur que nous nous apprêtions à traverser, qui se dressait devant moi prête à déferler toute puissante sur ma carcasse malade de Vermine. » > je réagencerais la deuxième partie de la phrase dont le rythme me semble bizarre. Des virgules à ajouter ?
« Nerveusement, Sao lança un regard vers le ciel à l’extérieur, sans parvenir à le voir, victime des lois de la perspective. » Ce genre de précision est-il utile au récit ?
« Il me passa au-dessus » > plutôt un truc du genre « il enjamba mon corps toujours avachi... » (bon là ça correspond pas trop, mais « passer au-dessus » ça fait pas très littéraire ^^)
Il y a aussi quelques passages où on a l'impression que tu n'a pas été très inspirée, notamment le passage de la décontamination (qui ne m'a pas très convaincue, tu l'auras compris) et ses « je fus aspergée de divers produits et liquides chimiques » ou plus loin « Je fus soumise à des émissions de liquides et de gaz divers. » (en plus, ça fait répétition). Le « divers » fait ici un peu amateur je trouve.

Attention également à quelques coquilles et espaces en trop, mais j'imagine que tu les auras à la réécriture (donc je ne vais pas encombrer un peu plus mon commentaire).

Juste une question (con) : Lille se prononce « Lile » ou « Lil-lé » ?

Je donne rarement mon avis sur l'histoire après un premier chapitre, mais comme, du coup, ça fait pas très positif, je tiens à insister sur le fait que, au vu du travail que tu fournis, du fait que ce soit un premier jet et de ta maîtrise rédactionnelle, ton premier chapitre a du potentiel, d'autant plus si tu suis les conseils d'Achayre et Rochelounet.

A bientôt pour la suite ! (même si je ne promets pas une lecture rapide)
Portrait de JuneZero
Le problème c'est que c'est une narration première personne et que Lille n'en sait rien. C'est un peu la limite du truc :/ mais je réfléchirai au sujet.
Portrait de Camille Rodriguez
Pour le passage sur la décontamination : je ne sais pas si ça correspond à ce que tu avais initialement en tête, mais j'imprimerais un rythme beaucoup plus rapide, limite oppressant, une perte de repère, quelque chose de très rapide, saccadé... Enfin bref, je sais pas si tu vois ce que je veux dire. ^^" Ça pourrait même faire un contraste intéressant entre le côté très aseptisé qui se voudrait rassurant de la Citadelle (genre zéro maladie) et la peur que ça provoque chez Lille.

Après une très rapide recherche sur internet : peroxyde d'hydrogène vaporisé comme produit décontaminant ?

« Au bout, une nouvelle salle, flanquée d’une demi-douzaine de portes identiques, cette fois-ci dénuées de tout dispositif. » > peut-être indiquer dès le départ que ce sont des chambres de décontamination ? Je ne comprenais pas au début pourquoi ils se séparaient. ^^"
Portrait de JuneZero
Hello :)
Tu as bien fait de conserver ton comm, il est pertinent ;)
Lille se prononce Lil, comme la ville. Ils ont tous des noms de ville ou pays, à quelques exceptions près.

Pour le passage sur la décontamination je suis preneuse de tous les conseils pour l'ameliorer parce que effectivement je n'ai pas du tout été inspirée par ça (et en fait par la plupart des passages «techniques») et en plus je l'avais posté sur un forum d'écriture où l'on m'a donné maints conseils pour l'améliorer, et en fait maintenant a force de l'avoir retourné dans tous les sens à la va-vite ça ne ressemble plus à vgrand chose (d'où le fait aussi que mtn jattends de tout terminer avant d'ecrire) bref, ce passage ne m'inspire pas et même s'il est prévu de le rendre plus oporessant, un peu comme si l'héroïne rentre dans la gueule du loup, je ne sais pas encore trop comment je vais m'y prendre donc totalement open aux suggestions.

Pour l'hermeticite de Citadelle je vais retravailler ça.

Pour la façon dont Lille est traitée, je développerai plus avant mais les Vermines dans Citadelle ne sont pas maltraitées spécialement tant qu'ils font ce qu'on leur demande. Il vaut mieux qu'ils soient en bonne santé et loyaux, l'idée c'est qu'ils se sentent privilégiés par rapport aux autres Vermines de l'exterieur. Enfin bref, je pense que j'ai donné une image erronée de Citadelle au début, je vais retravailler ça :)

Bref n'hésite pas pour les prochains à dire ce que tu penses, je n'ai pas peur du négatif, tant que c'est constructif moi je prends car c'est comme ça qu'on avance. Tant mieux si tu lis doucement parce que j'écris pas bien vite non plus x)

Merci encore :)
Portrait de Achayre
Bonjour,

je n'avais pas encore pris le temps de te lire, voila qui est fait :)

Tout d'abord, je tiens à te féliciter pour tes qualités rédactionnelles. Les tournures de phrases sont variées, les descriptions sont là et tu as fait l'effort d'y mettre du vocabulaire pour les mettre en valeur. Je suis d'ordinaire assez chiant là dessus et franchement la lecture était très agréable. On sent que c'est travaillé et que tu te mets sous contrainte pour écrire quelque chose de très propre.

J'ai relevé néanmoins quelques petits points qui m'ont un peu embêté :

- Au début de ton récit, tu insistes sur le côté impénétrable de la Citadelle et de la séparation qui existe avec le bidonville. J'ai trouvé un peu en décalage le fait que, plus loin, tu parles de gens qui travaillent des deux côtés. (C'est juste un feeling perso).

- Je partage l'avis des commentaires que tu as reçu précédemment : pour moi, tu en dis beaucoup sur ton monde extérieur pour aussitôt le mettre de côté. J'aurai plus vu la scène débuter par son arrivée dans la citadelle et découvrir le reste par des flashback ou réflexions lors de son passage dans les différentes salles puis dans la ville.

- Ton usage intensif du point virgule est surprenant mais sans doute volontaire. Certains devraient être, à mon sens, remplacé par des plus classique deux points.

- "Ils. Volaient. Dans le ciel. Bleu. Factice" est ce volontaire autant de points ? c'est un poil sur découpé.

- Un ou deux oublis de mots : « Sa réponse avait quelque chose de frustrant, narguait mon impatience »

- « Comme un Charognard commande une carriole neuve. » j’aurai mis la phrase au passé pour aller avec le reste du récit et parlé de « nouvelle » carriole car la notion de « neuve » à l’extérieure de la citadelle me semble incohérente.

- Quelques tirets pour certains dialogues alors que tu as choisi des guillemets pour les autres.

- « mon bras attrapa le sien pour du vrai. » => pour dE vrai

- Lille se confie un peu trop à Armeny, au sujet de Sao et de la Maraude, juste après qu’elle l’ai ramassé dans la rue. Elle devrait être méfiante à ce moment là.


J'espère que ce retour te seras utile :) Ne lâche rien :)
Portrait de JuneZero
Hello, merci beaucoup de ton commentaire. Je note soigneusement les corrections et les conseils. Il est prévu de reecrire ce chapitre une fois le tout terminé, notamment en retravaillant le champ lexical pour vraiment intensifier l'ambiance, aussi certains de tes commentaires comme celui d'utiliser nouvelle au lieu de neuve sont très pertinents. (Ce qui ne veut pas dire que tes utres remarques ne le sont pas :p ) Je preciserai donc un peu mieux pour ceux qui «travaillent des deux côtés» afin de conserver l'aspect impénétrable de Citadelle et qu'on sente que ceux qui travaillent au Bidonville (la milice notamment) sont plus une forme d'extension de citadelle qui s'impose sur le monde qu'un passage vers la ville. Qu'on le ressente plus comme une forme d'influence oppressante de la ville sur le bidonville que comme juste des types qui font l'AR dans la journée oklm. Il y aura d'ailleurs un autre chapitre plus loin ou lille retourne au bidonville qui fait trop promenade à mon goût x)

Je changerai aussi la scène de son arrivee, pour la rendre plus mature. Le côté gamine hystérique me gêne, sa crise parait gratuite parce que la relation avec Sao n'a pas le temps d'être développée comme il faut. Du coup la rencontre avec Armeny je la changerai je pense, j'aime pas non plus ce deballage d'infos gratos. Je vais insister plus sur le côté «influenciation» et la soumission naturelle entraînée par l'instinct de survie du coup :)

Je rajouterai peut-être un passage dans le Bidonville avant qu'elle n'arrive chez Sao, je verrai si cela me paraît pertinent, mais ce n'est pas ce côté qui m'intéresse ^^" on y revient le temps de deux chapitres mais c'est vrai que ce n'est pas le but du roman :x. Enfin bref, merci de ton commentaire, je le c/c dans la section dédiée de mon google drive pour la réécriture. Je n'en tiendrai compte qu'une fois que j'aurai tout terminé parce que si je commence à corriger maintenant je risque de ne jamais aller au bout de mon histoire, j'ai arrêté trop de romans comme ça xD Mais tout sera pris en compte quand j'entamerai la phase de réécriture :) (je préfère prévenir, pas que vous pensiez que j'ignore les corrections :) )
Portrait de Rochelounet
Je dois avouer une certaine surprise. Plus qu'une en fait.

C'est un premier chapitre avec une densité certaine que tu nous sers. Et pour cause, toute une organisation "sociale" d'une humanité survivante post-post apocalyptique présentée... un transfuge dans un nouveau lieu et des nouveaux codes. Tu ne lésines pas sur la psychologie de tes personnages, ciblés avec soin. Un début de mythologie qui semble juste être effleuré...

C'est très riche et très bien raconté. Mais pourquoi être si préssé et intense ? Tu aurais pu développer sur 3 chapitres facile (par ex : la conversation introductive avec Sao, l'entrée et la désinfection, la rencontre avec Armeny ). Tu as le talent et le style pour rajouter détails, descriptions et atmosphère à chaque recoin de ton univers sans jamais s'approcher (contrairement aux tristes dires du précédent commentaire) de l'ennui.

Et quel dommage que tu nous présentes Lille si tard. Son entrée dans la citadelle et son initiation dans un lieu aseptisé et civilisé semblent bien moins excitantes que sa survie impitoyable dans la crasse putride d'un bidonville toxique sous les ordres d'un protecteur pervers comme Sao...

Je vais continuer la lecture évidemment. J'ai quelques craintes et j'en ferai part si elles se concrétisent.
Portrait de JuneZero
Hello
Merci beaucoup pour ce retour instructif :) je tiens a préciser qu'il s'agit là d'un premier jet. Habituellement victime du syndrome de «j'arrête après deux chapitres» j'ai surtout dans un premier temps tenu à rédiger l'essentiel pour terminer avant de réécrire. Il y aura un gros travail de réécriture, ça j'en suis consciente. C'est prévu de developper, et aussi reprendre les sentiments, ceux de Lille devraient être plus ambigus, et du coup quand elle pique une crise contre sao ça fait un peu gamine hystérique parce que c'est mal amené. Pour l'instant ça fait limite bitlit or j'aspire à quelque chose de plus adulte et sombre. Bref, garde à l'esprit que c'est un premier jet, et si le 1 er chapitre ne sera pas forcément étalé sur 3, il sera tout de même beaucoup plus développé.Je pense reprendre aussi la rencontre avec Armeny une fois que Sao est parti.

N'hésite pas a me partager tes craintes, ça m'aidera pour les chapitres ultérieurs pas encore écrits ;)

J'espère que la suite te plaira tout de même, malgré le très peu de temps passé au Bidonville (on y retourne brièvement dans le chap 5/6 mais effectivement l'histoire ne se déroule pas là, ce n'est pas ce qui m'intéresse ^^".) pour le comm ci dessous c'est juste la vengeance d'une rageuse qui a pas aimé que sur fb on lui dise quelle fait beaucoup de fautes, j'y prête pas vraiment attention xp
Portrait de Mumu Bouquin 0
Pas accrocher,pas de dialogue,trop long,ennuyeux
Portrait de JuneZero
Au moins il n'y a pas de fautes ;)
Portrait de Tiyphe
Super ! J'ai mis du temps à m'y mettre, laissant le chapitre ouvert sur mon téléphone plusieurs jours, attirée par le synopsis et je m'y suis enfin mise. J'aime beaucoup ton univers, même s'il semble compliqué (avec toutes les catégories différentes) tu l'expliques bien et on arrive à s'y retrouver :) j'ai hâte de lire la suite !
Portrait de Thibault Spano
J'ai accroché alors que ce n'est pas mon genre de prédilection, j'ai envie d'en savoir plus sur les deux faces de l'univers présenté et sur le destin de Lille (tous les personnages ont des noms de ville ?). J'ai l'impression qu'il va lui arriver des trucs pas joli joli x)
Portrait de JuneZero
Oui tous les persos ont des noms de ville (lille, sao paulo, beijing..), d'animaux (merle), de pays(armeny)ou de concept (riviere, caldeira..) , on decouvrira la raison plus tard, en gros c'est pour garder un souvenir du monde d'avant l'apocalype :) les noms aident la memoire. Et non ça va pas être très joli x)
Portrait de Paul-H BENOIT
Tres bon premier chapitre. L'utilisation de la première personne est intéressante !
Portrait de JuneZero
Merci :) je n'aime pas les premières personnes habituellement mais là jai eu envie d'essayer parce que je ne trouvais pas le ton que je voulais à la troisième, comme parfois il y a beaucoup de personnages ça me permet de moins m'emmêler les pinceaux avec les pronoms x)