Prologue | 404factory

Prologue

   Jaeden plongea sa fourchette dans l'épaisse purée. Son frère,lui, regardait la mixture verte d'un mauvais œil tandis que sa mère le disputait en agitant sévèrement son doigt. Jaeden entreprit d'engloutir, sans trop y penser, le mélange de légumes et de viande synthétique. L'adolescent ne pu retenir une grimace de dégoût lorsque le contenu de son assiette effleura ses papilles. Il attrapa son verre d'eau, qui, dans un soubresaut, alla s'écraser sur le carrelage. L'épaisse matriarche jeta un regard incendiaire à son aîné : 

— Jaeden, fais attention un peu ! 

Un second verre se fracassa sur le sol. La purée se mit soudain à tressauter dans les assiettes, les meubles vomirent leur contenus dans un immense fracas et la maison toute entière commença à trembler. Le vacarme de la demeure familiale gagna bientôt le quartier. Les visages affolés des voisins se devinaient au fenêtre, tous guettant ce qui pouvait être à l'origine d'un pareil tintamarre. Au loin d'épaisses volutes de fumées venaient envahir le ciel d'été, plongeant progressivement la cité dans l'obscurité. 

 Les rayons du soleils avaient disparus derrière le nuage de cendre et les ténèbres s'étaient emparés de Cratea. Un silence tout aussi détonnant que l'explosion qui avait précédé s'étendait désormais dans les rues. Jaeden quitta sa cachette de fortune et entreprit d'abandonner la protection de sa demeure. Son petit frère restait recroquevillé dans un coin de la pièce, encerclé par les bras adipeux de sa mère. 

Jaeden hésita un instant avant de pousser la porte de métal. Au-dehors le temps semblait s'être suspendu. Les regards affolés, les corps amoncelés, les ruines et la fumée, tout était figé dans une photographie morbide. Et, soudain, les minutes s’égrenèrent à nouveau. Le silence explosa dans un malstrom de cris et de pleurs. Une mère remuait des décombres en hurlant le nom de son enfant, un adolescent rampait dans une traînée sanglante. Au loin, une ombre gigantesque continuait d'avancer. Les tremblements de la terre reprirent tandis que la gigantesque silhouette prenait de la vitesse et se ruait sur les malheureux. 

Jaeden fonça dans sa maison. 

— Aris, Maman, il faut partir ! Tout de suite ! Hurla le jeune garçon affolé. 

Le fracas recommençait. De nouveau, la demeure était secouée par d'intense soubresaut tandis que la vaisselle qui avait survécu au premier assaut se brisait sur le carrelage noir. Une profonde terreur hantait les pupilles d'Aris qui restait recroquevillé, affolé, contre sa mère. La matriarche de la famille avait d'ailleurs abandonné sa prestance habituelle pour revêtir le même masque d'angoisse que ses deux fils. Elle se redressa, non sans peine, sous les invectives de son aîné qui la suppliait de se presser. Ses épaisses jambes ne la tenaient presque plus et le poids du cadet l'empêchait de courir. Avant qu'elle ne parviennent à passer la porte, la maison fut balayée et elle disparu dans les décombres en hurlant. 

*

Des morceaux de roche et de métal comprimaient la poitrine de Jaeden. Une violente douleur se propageait depuis sa jambe droite. L'adolescent tandis le bras pour essayer de voir dans quel état se trouvait cette dernière. Malgré la poussière qui lui brouillait la vue et le sang qui collait ses cils, il parvint à distinguer l'épaisse poutre métallique qui s'était écroulé sur sa cuisse. Le madrier devait retenir l'hémorragie car seul un filet de sang s'écoulait de la large entaille visible. L’adolescent savait ces chances minces, le brouhaha extérieur lui parvenait de manière étouffé. 

— Aris !! Maman !! s'égossilaient Jaeden entre deux quintes de toux.

Mais aucune réponse ne venait. Le jeune homme ne savait plus depuis combien de temps il gisait là, dans les décombres de se maison. Son souffle était de plus en plus erratique alors que le poids sur sa poitrine semblait s'alourdir d'heure en heure. De temps à autre il entendait des pierres qui roulaient où qu'on déplaçait. Il criait alors, mais l'aide ne vint jamais. 

Jaeden luttait contre le silence et ses paupières de plus en plus lourde. Les cris, les explosions et le fracas avait cessé et seul le bourdonnement de ses oreilles accompagnaient sa veille. A demi-voix, il commença à prier. D'abord les dieux aimants et bienfaiteurs, leur demandant de le sauver lui et son jeune frère, mais les dieux ne répondirent pas. Et puis il pria les dieux guerriers, les suppliant de lui venir en aide. 

— Les dieux nous ont mis à l'épreuve.

La voix résonnait à travers toute la cité. Sous les gravats Jaeden se mit à prier plus fort. 

— La bête qu'ils nous ont envoyé ravage Cratea depuis deux jours maintenant et nous ne pouvons pas encore compter le nombre des morts et de disparus. Mes cher citoyens, notre armée et notre technologie n'est pas parvenu à terrasser la créature qui continue de semer le chaos. Je vous en supplie, soyez des bons serviteurs des dieux, priez leur grandeur pour notre salut, priez ! 

Les paroles résonnèrent encore un peu tandis que Jaden sombrait dans l'inconscience.

*

Les rubans de couleurs flottaient au-dessus des décombres tandis que la foule applaudissaient l'Empereur et les idoles des dieux. La terreur avait cédé la place à la liesse et une ambiance de fête régnait dans la cité de Cratea. 

Après neuf jours d'horreur, d'explosions et de cris, le cauchemars avait cessé. Les habitant avaient priés malgré les blessures, la faim et le froid. Ils avaient psalmodié des heures durant en regardant les cieux. Et puis, soudain, alors que tout espoir semblait perdu, l'empyrée était réapparu, plus bleu et clair que jamais. Les cendres avaient chuté en flocon, recouvrant les visages de suie. Les hauts-parleurs avaient grésillé et la voix de l'empereur s'était à nouveau élevée. 

Le char de fête s'arrêta devant la large estrade flottante et le dirigeant fit face à son peuple. Rassemblés sur la place, les visages noircis et ensanglantés attendaient les paroles de leur chef. L'odeur âcre de brûlé et de décomposition s'attardait encore dans l'air, mais les confettis avaient déjà remplacé la pluie de cendre. 

Sa grandeur Dariux, s'avança d'un pas lourd vers le micro d'argent

— Mes chers citoyens, commença-t’il d'un ton grave, je sais que les épreuves que vous venez de vivre sont terribles et que votre deuil sera long, mais j'aimerais vous remercier. Vous remercier pour votre ferveur et vos prières qui nous ont offert la clémence des dieux. 

Une salve d'applaudissements s'éleva. 

— Les dieux, dans leur grande mansuétude ont emprisonné la bête, mais il a été exigée que celle-ci soit nourris de sept jeunes hommes et de sept jeunes filles tout les neuf ans. Un sacrifice nécessaire pour sauvez nos vie à tous ! clama Dariux face à la liesse de la foule.  Nous reconstruirons Cratea et nous sortiront plus fort de cette terrible épreuve ! rugit l'empereur avec ferveur.

*

Cleo était arrivé au centre du labyrinthe. Face à elle, le monstre dévoilait sa gueule béante prête à l'engloutir. Les cadavres de ces camarades d'infortunes jonchaient les allées du dédale : des corps dévorés, mutilés. Cleo se jeta sur la bête l'épée en avant.Tandis que la foule retenait son souffle devant les écrans.



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Portrait de Anonyme
Portrait de Anouk Coquelle 0
trop méga génial !!!!!!!
Portrait de VeryLine
Très bon début! La suite