1. Stayin' Alive | 404factory

1. Stayin' Alive

Au cours de ma longue existence, j'en suis venue à croire que nous sommes inextricablement liés à notre famille de sang. Et quand bien même nous ne le choisissons pas, ce lien qui nous unit peut être notre plus grand force... ou nous donner les regrets les plus amers. Cette malheureuse constatation me hante depuis toujours.

2026, Terre-1, Angleterre, Londres, Baker Street, 221b

- C'est moi, dit une jeune fille en franchissant la porte de l'appartement.

Les réponses qu'elle reçut, bien qu'assez atypiques, ne l'étonnèrent guerre. Quand on vit avec le Docteur Watson et Sherlock Holmes, rien n'est plus atypique.

- La ferme, je travaille, avait dit le deuxième sans lever la tête de son livre.

- Il est désolé, comment s'est passé ta journée ? dit le deuxième en levant la tête de son ordinateur, essayant de rattraper l'erreur de son ami.

L'adolescente qu'était Alexandra Holmes était également la fille de Sherlock Holmes. Ce qui était assez logique, en fait. Elle est bien "la fille de son père", comme le disait souvent Lestrade. Elle était une Sherlock Holmes junior, de ses yeux clairs et perçants à sa personnalité, qui était... plutôt étrange.

Jetant son sac à dos sur le canapé, elle regarde en passant le livre posé près du plan de travail de son père.

- Pas un suicide, déclara-t-elle. J'ai déjà lu ce livre.

Sherlock lève la tête de son microscope et la fusille du regard en murmurant un "je le savais", avant de jeter le livre dans la poubelle et d'en prendre un autre.

- Et si tu travaillais sur une vraie affaire, pour une fois ? demanda-t-elle en lui prenant le deuxième livre des mains. C'est le majordome, c'est toujours le majordome dans ce genre d'histoires.

- Apparament tu as lu tous les livres de cette maison, bravo, ça ne sert à absolument rien, dit le détective avant de la contourner, la laissant seule dans la cuisine.

La jeune fille finit par prendre son sac à dos et aller s'enfermer dans sa chambre, contrariée.

- Sherlock..., commence Watson.

- Ne te sens pas obligé de me faire culpabiliser, répond froidement ce dernier en prenant son violon, commençant à jouer avec les cordes.

- Sherlock ça fait deux ans, continua-t-il tout de même. Elle n'y est pour rien.

Son interlocuteur ne répond pas, du moins pas avec des mots. Au lieu de ça, il commence à jouer une mélodie triste et en colère, couvrant la voix de son colocataire.

Le médecin militaire soupire. Il se lève et prend le violon des mains de Sherlock, l'obligeant à l'écouter, même si au fond, il savait que ça ne servira à rien.

- Irène est morte, dit-il d'une voix dure. Tu ne peux rien y faire.

- Merci de me rappeler mon inutilité, répondit-il sèchement avant de prendre son manteau et son écharpe et dévaler les escaliers quatre à quatre.

Terre-2, Angleterre, Londres.

- Castiel, dans quoi tu nous as encore embarqués ? demande Dean Winchester en avançant dans la rue sombre.

- J'ai entendu des témoignages sur un fantôme, répond ce dernier en ouvrant la marche.

Derrière eux, Sam Winchester avançait avec son radar à fantômes, commençant à remettre en question ses choix de vie, quand l'appareil commença à biper.

- Les gars, dit-il. J'ai quelque chose.

L'ange déchu et le chasseur se tournent vers le plus jeune, ce dernier indique du menton une ruelle qu'ils avaient totalement ignorée en arrivant. Alors que Dean vérifiait que son revolver était chargé, Castiel contourna les deux frères afin de passer devant, jugeant que ses pouvoirs surnaturels pouvaient se révéler plus utiles que leurs armes.

Alors que l'obscurité commençait à se faire de plus en plus dense en cette nuit d'octobre, le détecteur de fantômes émettait de plus en plus un bip incessant. Quand les lampadaires s'allumèrent, l'aventure qui avait auparavant semblé "banale" devint soudainement... intéressante.

Ce n’étaient non pas des lampes électriques, de celles que l'on retrouvait partout ou même de celles qu'ils avaient vu plus tôt, mais de très vieilles lanternes à gaz qu'un homme allumait manuellement.

- Vous feriez mieux de rentrer chez vous messieurs, dit-il. Le mal rôde dans ces rues depuis assez longtemps et vous n'avez pas envie d'être ses nouvelles victimes.

Sam fronce les sourcils, ne comprenant rien à ce qui se passait. Dean, de son côté, avait une petite idée, tout comme Castiel.

- Quel jour on est ? demande Dean.

8 novembre 1888, Whitechapel, Miller's Court

L'homme les regarde bizarrement avant de répondre et s'éloigner rapidement, les prenant pour des fous.

- Merde..., murmure Sam en regardant autour de lui.

- Qu'est-ce qu'il y a, qu'est-ce qu'elle de si effrayant, cette date ? demande Dean.

- Le 8 novembre 1888. C'est le soir de l'assassinat de Mary Jane Kelly, expliqua-t-il. Et, en voyant qu'ils n'avaient toujours pas compris, il ajouta : C'est la dernière victime de Jack L'éventreur.

Alors que Dean réalisait lui aussi l'ampleur de la chose, Castiel, lui, fronça les sourcils dans une expression d'incompréhension totale.

- Qui est Jack L’éventreur ? demanda-t-il.

Alors que le plus vieux des Winchester s'apprêtait à lui répondre, on commença à entendre une femme chantonner dans une chambre devant eux.

- Elle va bientôt mourir, murmure Sam.

- Nous devons la sauver alors, faire quelque chose, dit Castiel.

- Non, rétorque Dean. On va changer le futur en faisant ça.

- Et... ? demande Sam. Ça fera plus de bien que de mal.

- Tu n'as jamais vu Retour vers le Futur ? rétorqua-t-il. On ne change pas le futur, Sammy !

Sam lève les yeux au ciel et vérifie qu’il a toujours ses armes sur lui.

- D’après Bobby, Jack L’éventreur serait un fantôme, ça expliquerait pourquoi il ne laisse jamais de traces derrière lui, expliqua-t-il. Mais…

- Pourquoi a-t-il arrêté ? continue Castiel, voyant où il voulait en venir.

Dean hausse les deux sourcils, surpris.

Si on m’avait dit que j’allais me débarrasser du plus grand meurtrier de l’histoire, pense-t-il. J’aurais pris un café.

2012, Terre-3, Angleterre, Londres, Buckingham Palace

- Rappelez moi déjà ce qu’on fait ici ? demande Clara Oswald en regardant autour d’elle, les yeux grands ouverts.

- Rendre visite à une vieille amie, répondit le Docteur avec son habituel enthousiasme.

Alors qu’ils traversaient le long, très long couloir en compagnie de gardes royaux, l’institutrice tourne la tête pour remarquer un détail sortant du décor.

- Docteur…, dit-elle, essayant d’alerter d’extraterrestre, qui avait l’esprit ailleurs. Docteur, regardez !

Alors qu’elle se tourna vers son ami pour attirer son attention, toute pensée s’évapora de son esprit.

- Qu’y a-t-il ? demande-t-il en sortant de ses rêveries.

- Je… sais plus, répondit-elle en secouant la tête de de gauche à droite.

L’Alien fronce les sourcils. Il détestait les courtes mémoires et principalement ce qui les déclenchaient.

- Non, pas aujourd’hui, pas maintenant ! s’exclama-t-il.

- Qu’est-ce qu’il y a ? demande Clara, intriguée.

- Des Silences, expliqua-t-il. Personne ne sait à quoi ils ressemblent parce qu’au moment où on arrête de les fixer… on oublie leur existence.

- Et comment vous le savez ?

- Longue histoire, répondit-il, évitant de citer Amy et Rory, dont il ne s’était toujours pas remis de la disparition. Venez par-là, on va au TARDIS.

Tandis qu’ils se dirigeaient vers le vaisseau spatial dans un silence de cathédrale, Clara les arrêta encore une fois.

- Attendez… Où sont les gardes royaux ? demanda-t-elle.

Ils ont déjà commencé, pense le Docteur.

- Vite, le TARDIS, courez ! s’exclama-t-il, et alors qu’ils s’approchaient de leur but, une voix résonne comme un tambour dans tout le palais.

- Le silence tombera quand la question sera posée, répète mécaniquement la voix.

- Quelle question ? demande Clara, et, face au mutisme du Docteur, elle dirige sa question vers les couloirs vides. Quelle question ?

- La plus vieille et la plus crainte de toutes. La première question, répond la voix.

- Et qu’est-ce que c’est ?

Un long silence s’installe, silence qui semble durer une éternité, avant que la réponse ne vienne frapper comme un fouet.

- Qui est le Docteur ?

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