Chapitre 1 : Sombre secret | 404factory
ADAM ET LE SECRET DU MONDE OUBLIE

Chapitre 1 : Sombre secret

Un chat noir aux yeux jaunes se tenait devant la porte de la maison en brique rouge des Childebert. Adana se rapprocha de la bête à pas feutré, le chat lui jeta un regard inexpressif, lécha sa patte gauche, miaula d’une manière très suspecte, puis disparut dans la pénombre. 

Dès qu’Adana eut franchi le seuil de la porte, de couleur bleu canard, il se trouva dans la cuisine juste assez grande pour y mettre un sac rempli de charbons bois pour le feu, quelques ustensiles de cuisines, un baril d’eau potable, la mobylette jaune de Monsieur Simon —le père d’Adana—, une table et quatre chaises en bois de pin. La cuisine leur servait aussi de salle à manger.

Patron, le chihuahua d'Adana, avait l’habitude d’aboyer dès qu’il sentait une présence inconnue dans les parages, même s’il s’agissait d’un des membres de la famille Childebert, un peu stupide ce chien! Chose étrange, Patron ne s’était pas manifesté, personne d’ailleurs n’avait plus entendu parler de lui depuis ce soir-là.

À la pointe des pieds, tout en laissant des traces de terre noire sous ses chaussures, Adana pénétra plus profondément dans la cuisine, mystérieusement froide. Une échelle en bois de pin menait tout droit vers la mezzanine où il dormait. Il monta. Au pied de son lit se trouvait une fenêtre qui donnait sur la maison de madame Mathilde Poirier, une veuve d’une soixantaine d’année, leur voisine.

Le silence régnait en maître dans le salon, quand soudain, il entendit des murmures. Des inconnus rodaient dans le clair-obscur. Adana aperçut quatre silhouettes. L’obscurité l’empêchait de bien distinguer leurs visages, si toutefois ils en possédaient. Adana s’engouffra sans faire de bruit dans l’armoire à balais, s’y tint à quatre pattes. À travers la petite lucarne, il scruta le salon. 

Des formes étranges soulevaient un corps inerte puis ils le déposèrent aux pieds du vieux fauteuil en cuir noir, tout près de la table basse en bois recyclé. Tremblant de frayeur, Adana rassembla toute son audace pour étouffer les moindres bruits qu’il produisit, au fond de lui il sentit que quelque chose de mal était arrivé. Le jeune garçon ferma ses yeux, se boucha les oreilles avec ses deux mains, stupide chose à faire dites-vous, pourtant il n’écouta plus que son instinct de survie.

Quelques minutes plus tard, il tendit l’oreille, rien, ce fut le silence total. Adana ouvrit délicatement la porte battante de l’armoire à balais. Pourvu que ces étranges rôdeurs nocturnes ne l’eussent pas entendu! Il sortit avec une extrême prudence afin d’éviter le moindre craquement du vieux plancher en frênes sous ses pas flageolants, fit quelques pas en direction du salon qu’il connaissait du bout des doigts. Les inconnus avaient disparu. 

Il se rapprocha du corps gisant sur le plancher, les cheveux noirs de Séraphine Childebert, sa tante, se mélangeaient avec son sang. Toute pâle, les yeux grands ouverts, elle avait la langue tirée et d’une couleur bleuâtre ; ses yeux rouges regardait le vide, elle fixait l’infini qui l’attendait de l’autre côté : Séraphine Childebert avait été assassiné !

Le pouls d'Adana s’accéléra, son regard devint flou. Un grand souffle d’air s'échappa de ses poumons.Son cœur, las de toutes ses émotions le lâcha, il perdit aussitôt connaissance.

Le jeune garçon se réveilla le lendemain matin à l’hôpital Saint-Lazare, sur un grand lit, au chaud sous un drap blanc, esseulé. Il aurait donné toute la richesse du monde pour oublier ce dont ces yeux maudits avaient été témoins. Il revit en boucle l’image de sa tante allongée sur le plancher au milieu d’une mare de sang gluant.

À travers la fenêtre de la chambre de l’hôpital, à sa gauche plus précisément, se trouvait le cimetière militaire de la ville d'Akif. Sur les milliers de tombeaux peints en blanc étaient accrochés des bouquets de fleurs, suspendus autour des croix en béton. 

La voisine, Madame Mathilde Poirier, était assise sur une chaise en face d'Adana. La tête penchée vers le bas, un livre de recettes de cuisine grand ouvert sur ses cuisses, elle était plongée dans sa lecture. La vieille dame ne disait pas un mot. Elle ne faisait que tourner les pages les unes après les autres depuis le réveil d’Adana, mouillant de temps à autre ses doigts de salive. Elle n’était pas non plus d’humeur très bavarde cette vieille dame !

Monsieur Simon Childebert débarqua en trombe à la réception de l’hôpital, tout en sueur, le visage encore couvert de poudre de charbons, il revenait de la mine de Goldrus. 

La cinquantaine, pas très grand, un mètre soixante-cinq environ, cheveux noirs. Il avait un regard doux qui inspirait la confiance au premier coup d’œil. Ce qui ne lui fit d’aucune aide face à la secrétaire assise derrière son écran d’ordinateur. Celle-ci, en le voyant aussi nerveux, rabaissa ses grosses lunettes pour mieux voir à quel énergumène avait-elle à faire cette fois-ci. Elle en avait vu des milliers comme lui ! Dix ans qu’elle travaillait dans cet hôpital, elle savait les reconnaître au premier regard. 

Celui-ci tambourina le bois sec, empressé de voir son fils, il en oublia même les bonnes manières.

—Je veux voir mon fils, il s’appelle Adana, Adana Childebert !

—Bonjour Monsieur, lui répondit la secrétaire sur un ton sarcastique tout en accentuant sur le mot « Bonjour ». Avez-vous une pièce d’identité ou un document quelconque pour que je puisse vous identifier ?

Monsieur Simon s’indigna du manque de compréhension qu’elle avait à son égard. Il rouspéta.

—Écoutez madame, je viens tout juste du travail-là, je n’ai pas ma carte d’identité avec moi !

Puis ils furent embarqués dans ce qui ressemblait, au tout début, à une discussion normale entre adultes, qui se transforma peu à peu en une dispute. Leurs voix s’élevaient. Ils ne semblaient pas s’arrêter de sitôt quand soudain deux inspecteurs de police arrivèrent. Les chicanes cessèrent d’un coup. Les nouveaux venus exhibèrent leurs insignes sous les yeux soulagés de la secrétaire. 

L’un d’eux, un homme de taille moyenne, la trentaine environ, le regard perçant, était plutôt à son aise dans son vieux costume bleu marine ; il tenait d’une main un stylo, dans l’autre un petit carnet avec mention « Police ». L’autre était très grand, il faisait à peu près un mètre quatre-vingt-neuf, malgré sa taille il était très maigre. L'inspecteur portait une longue veste militaire imperméable ; un chapeau de laine de couleur grise prenait toute une place sur sa tête. Des bottes de cuir noir avalaient ses maigres pieds. On avait l’impression qu’il allait s’écrouler d’un moment à l’autre. Malgré son visage émacié, il avait un regard sympathique.

Il fit face à la secrétaire qui fit mine de farfouiller dans son ordinateur dès qu’elle vit l’inspecteur se rapprocher.

—Bonjour Madame, dit-il d’une voix chaleureuse, nous enquêtons sur un meurtre, nous voulons savoir si un jeune garçon avait été admis dans votre hôpital hier soir. Il s’appelle…

L’inspecteur fouilla dans sa mémoire.

—Adana Childebert, lui rappela son collègue d’un ton calme.

—Ah oui, pouvons-nous le voir, lui et ses parents ? Reprit-il.

Monsieur Simon sauta sur l’occasion, il demanda aux policiers s’il pouvait venir avec eux puisqu'il était le père. Sachant qu’ils ne pouvaient pas interroger un mineur sans la présence d’un parent, les policiers acceptèrent.

—Chambre 205A, s’il vous plait ! Leur disait la dame, déçue que la demande de Monsieur Simon ait été acceptée.

Devant la chambre 205A, Monsieur Simon inspira profondément avant d’ouvrir la porte, tourna le poignet lentement, d’une main tremblotante. Il n’était pas sûr que son cœur résisterait à ce qu’il allait voir de l’autre côté de la porte. Il la poussa doucement, celle-ci s’ouvrit avec un petit grincement, puis…

—Papa !!! S’écria le petit garçon.

La pauvre madame Mathilde laissa son livre s’envoler dans les airs. La voix désespérée du jeune garçon l’avait presque achevée, instinctivement elle mit sa main sur son cœur, inspira profondément, ramassa le livre qui avait atterri entre ses jambes poilues, puis se rassit tout en marmonnant doucement entre ses lèvres.

Quand Monsieur Simon vit le regard que son fils lui avait jeté, il se précipita dans ses bras. Un court moment d’embrassade s’ensuivit. L’un des policiers fit mine de tousser pour les ramener à la raison.

—Ces deux policiers veulent te parler fiston, je serai juste là si tu as besoin de moi, d’accord ?

Le maigre policier s’avança vers Adana ; une odeur de cigarette monta au fur et à mesure qu’il se rapprochait de lui. Il s’assit sur le bord du lit qui se courba légèrement son poids. Son collègue passait son temps à griffonner sur son carnet.

—Je suis l’inspecteur Harold et voici mon coéquipier l’inspecteur Baudouin, nous voulons te poser quelques questions.

Le jeune garçon ne pas dit un mot. L’inspecteur Harold insista sur un ton calme et posé.

—Est-ce que tu peux nous raconter ce que tu as vu hier soir ?

Adana resta immobile, revit les images dans ses pensées. Comment pouvait-il expliquer à la police ce qu’il ne comprenait pas ? Puis il pensa encore une fois à sa tante. Sans le vouloir, des larmes traîtresses coulaient le long de son visage. Son père se précipita vers lui, enveloppa aussitôt son enfant dans ses bras pour le consoler. Il hocha la tête tout en fixant d’un regard complice les deux policiers. Ils comprirent que c’était inutile d’insister. Les inspecteurs prirent alors congé.

Pendant qu’Adana s’éternisait sur son affliction, une jeune fille, du même âge que lui, aux regards ténébreux, le regardait à travers la porte de la chambre entrouverte, elle avait assisté à toute la scène sans en manquer une seule miette. Elle s’attarda un moment sur Adana puis s’en alla. Aussi vite qu’il pouvait Adana se débarrassa de tous ses attirails médicaux, son père lui cria dessus, en vain, il se débarrassa ensuite du drap blanc en lui assénant un grand coup de pied. À toute vitesse, il se dirigea vers la porte. La jeune fille savait qu’il le suivait, elle se retourna. Ses yeux noirs, plus noirs que les nuits les plus sombres, le fixaient sans ciller ; ses cheveux d’ors, duveteux, brillaient d'une couleur éclatante. La mystérieuse demoiselle était d’une beauté ineffable. Les traits de son visage dessinés à la perfection ne laissaient rien au hasard. Les moindres détails de sa peau, jusqu'au petit grain de beauté sur le haut contour de ses lèvres farouches, étaient parfait. De très longs cils touchaient presque ses sourcils quand elle levait ses paupières vers le haut. D’une extravagance qui dépassait les mots, sa beauté n’était pas réelle.

La profondeur de son regard ressemblait à un gouffre infini où Adana se noya peu à peu sans le savoir. Il regarda cette créature subliminale les yeux vifs de curiosité. Sa peau douce comme la soie dégageait une odeur de jasmin mélangé d’un léger parfum de lavande. La petite fille arbora un beau sourire qui fit fondre le cœur innocent du jeune garçon. 

Dans le long corridor de l’hôpital, c'était le bazar!!! Un médecin en blouse blanche et toute une brigade d’apprenti se ruaient vers la morgue. Une infirmière poussait un jeune homme sur une poussette jusque dans la salle de rééducation. La femme de ménage faisait un vas et vient avec sa serre-pierre d’un bout à l’autre du couloir. Un jeune homme y fit son entré, il portait un chapeau où il était écrit « Police ». Le jeune policier arborait avec fierté son bel uniforme. Le nouveau venu marchait à côté d'une dame portant des lunettes de vue qui agrandissaient énormément ses yeux bleus ; cette dernière avait sur son chemisier blanc un badge avec une inscription dessus : Caroline Lavoisier, assistante sociale. Quelques fils de leur conversation arrivèrent aux oreilles d’Adana. Ils s’entretenaient à propos de la mystérieuse jeune fille aux yeux noirs.

—La pauvre, elle ne se souvient plus de rien ! Disait le policier qui s’appelait Fred. Elle a été retrouvée par des bûcherons dans la forêt de Sarlimar hier, tard dans la nuit.

La mystérieuse jeune fille aux yeux noirs partit avec l’assistance sociale. Adana la regarda s’en aller, le cœur noué.

****

Monsieur Simon ne s'était jamais remis de la perte de sa sœur. Depuis que son père, Monsieur Martin Childebert, l’avait déshérité—suite à une grosse dispute à propos de son mariage avec la mère d’Adana, que celui-ci désapprouvait— Séraphine demeura sa seule famille, sans compter son fils bien évidemment.

Il commença alors à noyer son chagrin dans la bière, vidait tous les bars du quartier en quête du bonheur éphémère, il louvoyait les ruelles jusqu'au petit matin. Quand enfin il arriva dans sa chambre à coucher, après avoir traversé la moitié de la ville d’Akif en marchant à quatre pattes, les genoux en feu et en sang, il s’écroula au pied de son lit, à bout de force. Il sentait le vomit et les égouts à plein nez. Adana se précipita vers lui, souleva son père et l’allongea sur le lit —malgré son jeune âge il possédait déjà une force hors du commun—Puis Monsieur Simon s’endormit, ronflait comme un ogre. 

Il se réveilla quelques heures plus tard, commença alors à cracher sur le plancher, à parler à des êtres que lui seul voyait.

Il criait :

—Maman c’est toi ? Il croyait apercevoir le fantôme de sa défunte mère. Quand il n’eut pas de réponse, il pleurnichait tel un enfant jusqu'au lever du jour.

Le lendemain par contre, nul ne savait quelle mouche l’avait piqué ; il se réveilla de bon matin, prit sa douche, se rasa sa barbe de trois jours, se fit beau, prit sa mobylette jaune—un cadeau que Séraphine lui avait offert pour son quarantième anniversaire—monta dessus. Il avait son casque jaune sur la tête, débardeur et chemisier blanc dessus. Il démarra la moto, se dirigea en toute vitesse vers la mine de Goldrus. Son chemisier blanc, déboutonné, flottait aux vents, il adorait cette sensation.

Les routes accidentées montaient et descendaient dans la vallée des montagnes noires, une forte odeur de charbon lui titillait les narines, cette odeur familière qui lui avait tant manquée. Seuls quelques arbres, tous nus, résistaient encore à ce climat hostile. La moto passa en trombe sous le grand château d’eau, à quelques mètres des centaines de carcasses de voitures anciennes toutes dévorées par la rouille.

En retard, Monsieur Simon appuya sur le champignon, enfin le voici arrivé. De la fumée noire sortait de l’entrée principale de la mine. Un homme d’une cinquantaine d’année, barbe de trois jours, les mains derrière le dos, mine renfrogné, l'attendait déjà. 

Monsieur Simon descendit de la mobylette, joviale, enleva son casque, se précipita vers son chef de chantier déjà noyé dans sa combinaison de travail.

—Bonjour sieur Bruno, je suis désolé, j’étais cloué au lit, la fièvre et tout ça…

—La fièvre ??? Cela faisait des jours que tu ne t’es pas rendu au boulot Simon !!! Te rends-tu comptes ? Quelqu'un t’as vu sur la "rue des impasses" hier encore ; tu rampais sur le trottoir avec une bouteille de bière à la main et tu chantais « ohé, ohé, matelot, matelot navigue sur les flots !!!  ».

—Ce n’était pas moi… Une personne qui me ressemblait peut être ! Répondit monsieur Simon embarrassé.

Le chef de chantier Bruno soupira, lui tendit gentiment une lettre avec une inscription « notification de licenciement ».

Sans travail, il n’avait plus de quoi payer les études d’Adana, ni les prêts de la maison. Le brillant jeune garçon quitta l’école très tôt. Monsieur Simon vit sa réputation voler en éclat jour après jour. Il n’arrivait plus à trouver du travail, perdit confiance en lui. Il avait même déjà pensé au suicide, cependant, il lui arrivait quand même de penser à son fils. Que lui adviendra-t-il ?

Sa descente aux enfers s’arrêta un dimanche matin, quand son corps fut retrouvé sous le « pont de verre », à l'autre bout de la ville d'Akif ; avec quatre côtes cassées, deux de chaque côté, les poumons perforés, l'épaule gauche déboîtée, il avait des traces de substances visqueuses noires sous les ongles, or son visage était intact, sans aucune égratignure. Il a, lui aussi, été assassiné.

Adana n’avait jamais entendu parler de sa mère, à part son nom Armandine. Il aurait aimé la connaitre, au moins pour une fois se baigner dans l’amour d’une mère comme tous les autres garçons de son âge, or son destin était plutôt avare, il lui avait volé tous les plaisirs de son enfance. À la maison, il n’y avait ni photographie, ni aucun souvenir de cette femme mystérieuse. Ce fut un lourd secret que Monsieur Simon emporta avec lui jusque dans sa tombe. 

Monsieur Martin Childebert, le grand-père d’Adana n’avait pas assisté à l’enterrement de son fils. Ce qui suscitait tant de questions chez le jeune garçon : Qu’est ce qui pourrait bien pousser un homme à détester autant son fils même jusqu'à sa mort ? Adana était sûr que cette zone d’ombre dans sa vie avait un lien étroit avec l’identité secrète de sa mère.

Le « petit » vécut pendant un certain temps chez son grand-père or le vieil homme le détestait, s’il ne tenait qu’à lui et ce d’après ses propos, il lui aurait attaché une corde autour du cou et jeté au fond de la rivière d’Akif. Compte tenu des circonstances, il n’avait pas le choix que de l’héberger ; le jeune garçon n’avait nulle part où aller. Quand un agent des services sociaux ramena Adana chez lui, celui-ci subit le regard glacial de Monsieur Martin, comme pour lui dire qu’il n’était pas le bienvenu dans sa maison. Ils vécurent ensemble un enfer sans qu’Adana ne proteste, puis le moment tant redouté arriva, Martin Childebert le chassa de chez lui. Le jeune homme erra dans les rues d’Akif cette nuit-là. Il arpenta les trottoirs, farfouillant dans les poubelles à la recherche de quelques miettes de pain moisies ou quelques os de poulets à se mettre sous la dent. Quand la pluie lui tomba dessus, il peina à trouver un endroit où s’abriter, si par miracle il en trouvait un, on le chassait comme un chien. Il n’était pas le seul d’ailleurs, sous les parkings, aux devantures des magasins, sous les ponts ou encore entassés sous des abris en cartons et des sachets en plastique, se rassemblait toute une huée de gens en détresse, perdus ou rejetés par la société, des gens de tout âge, des femmes, des enfants, des personnes âgées, des jeunes.

Tout le monde cependant, n’avait pas la même chance qu’Adana, puisqu'il fit la rencontre de Monsieur Samuel Héberger, un ancien collègue de travail de son père qui lui proposa de travailler comme gardien de ses moutons. En échange, il eut deux repas chauds par jour et un endroit où dormir : l’étable. Faute de mieux, il accepta sans broncher. Vaut mieux cela que l'orphelinat. 

Il sut plus tard que son Grand-père trouva aussi la mort dans un étrange accident de voiture.

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Portrait de Anonyme